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Le transport en commun à Montréal Pour que ça marche vraiment ! 17 mai 2006
Il faut saluer la publication, par le Comité stratégique La Presse sur le transport à Montréal, d'un manifeste intitulé « Pour un Montréal qui marche ». Ce groupe de réflexion de haut calibre met de l'avant une stratégie, d'une part, pour favoriser le transport en commun et ce qu'il appelle « le transport actif », c'est-à-dire la marche et le vélo, et, d'autre part, défavoriser l'utilisation de l'automobile en lui imposant des charges sur l'essence et le stationnement ainsi que des péages qui serviraient à financer une partie plus grande des coûts des transports collectifs et actifs.
L'objectif fixé est ambitieux : d'ici 2018, la part des déplacements par le transport en commun, lors de la pointe du matin, rejoindrait celle des déplacements par automobile et celle du transport actif augmenterait de 50%. Montréal deviendrait alors LA ville du transport en commun en Amérique. Bien qu'on puisse, en raison de notre climat, se poser des questions sur les limites de la marche et du vélo comme moyen de transport en certaines saisons, il ne fait pas de doute que nous devons privilégier, de façon beaucoup plus active et énergique que nous l'avons fait jusqu'à présent, le développement du transport en commun. Et cela pour des motifs qui tiennent aussi bien à la qualité de vie, qu'au respect de l'environnement et à la lutte à réchauffement planétaire. Il ne fait pas de doute non plus que ce sont les automobilistes qui devraient financer la plus grande part des coûts de ce développement. Car, même s'ils ne l'admettent pas toujours, les automobilistes sont parmi les premiers bénéficiaires du transport en commun, sans lequel la congestion serait telle qu'elle rendrait impossible l'usage de la voiture. Imagine-t-on la circulation au centre-ville si tous les usagers du transport en commun tentaient de s'y rendre avec leur automobile ? Or, à l'heure actuelle, les automobilistes ne supportent qu'à peine de 7% à 8 % des coûts d'exploitation, comparativement à près de la moitié pour les usagers et à plus du tiers pour les municipalités. Mais pour pouvoir penser à mettre en oeuvre un tel plan d'action, il faudra d'abord faire sauter un obstacle qui a, jusqu'ici, bloqué tout développement de cette nature : la dispersion des pouvoirs et des responsabilités. Comme le mentionne le Comité dès son introduction, « les lieux de décision sont multiples (ville, CMM, STM, AMT), ce qui rend difficile l'émergence d'un leadership fort. Il y a aussi inadéquation entre la responsabilité théorique de décider et la capacité de financer les décisions prises. ». Tant qu'il n'y aura pas un porteur de ballon, un champion du transport en commun, tous les manifestes, quelle que soit leur valeur, resteront lettre morte. En 2002, j'ai eu le privilège d'être mandaté par le gouvernement pour étudier cette question. Après six mois de rencontres, d'études et de réflexion, j'en suis venu à la conclusion que, seule, la Communauté Métropolitaine de Montréal (CMM), était en mesure de jouer ce rôle, étant donné le caractère manifestement régional du réseau de transport en commun à Montréal. C'est d'ailleurs une responsabilité qui lui a été conférée dans sa loi constitutive, en 2000, même si les moyens d'exercer cette compétence ne lui ont jamais été accordés par le gouvernement du Québec. Il faudrait également donner à la CMM les moyens financiers qui sont nécessaires à la mise en oeuvre de sa politique sur les transports en commun. Cela veut dire, concrètement, des pouvoirs fiscaux sur l'essence, les stationnements hors rue et les péages. Il est illusoire, en effet, de croire que Québec va accepter de taxer les automobilistes au seul bénéfice du transport en commun montréalais. Il l'a fait en 1995, pour atténuer l'effet de son propre retrait du financement des frais d'exploitation du transport en commun, mais il a toujours refusé de le faire à nouveau, même s'il est évident pour tous que c'est-là la seule solution au sous-financement actuel de ce secteur. C'est pourquoi tous ceux qui croient au développement du transport en commun à Montréal doivent appuyer de tout leur poids les efforts que font, depuis plus d'un an, les autorités et les membres de la CMM pour obtenir de Québec les pouvoirs législatifs et fiscaux qui leur permettront de jouer le rôle qui est le leur dans le développement du transport en commun à Montréal. C'est la seule façon d'avoir, à Montréal, un système « qui marche ». Ce texte a été publié dans La Presse du 17 mai 2006. samuel champagne, 24 ans, montréal Mais pour pouvoir penser à mettre en œuvre un tel plan d’action, il faudra d’abord faire sauter un obstacle qui a, jusqu’ici, bloqué tout développement de cette nature : la dispersion des pouvoirs et des responsabilités. Comme le mentionne le Comité dès son introduction, « les lieux de décision sont multiples (ville, CMM, STM, AMT), ce qui rend difficile l’émergence d’un leadership fort. Il y a aussi inadéquation entre la responsabilité théorique de décider et la capacité de financer les décisions prises. ». Tant qu’il n’y aura pas un porteur de ballon, un champion du transport en commun, tous les manifestes, quelle que soit leur valeur, resteront lettre morte. |
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Luc Faucher, 23 ans, Pont-Rouge
Date: 2006-05-18 à 13:24
Il ne faut pas oublier que ce ne sont pas tous les automobilistes qui circulent et habitent en ville. Les gens qui n'ont pas accès au transport en commun ne devrait donc pas avoir à financer ce à quoi ils n'ont pas accès! Il ne faut donc pas financer le transport en commun via une augmentation du prix de l'essence, car la personne qui habite à Port-Cartier n'en reverra jamais les retomber... Il faudrait donc financer le tout via les immatriculations, par exemple, en ayant un taux pour ceux qui habitent en ville et pour ceux qui habitent en campagne.
RÉPONSE DE LOUIS BERNARD:
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En ce moment, il existe déjà une taxe de 1.5 cents du litre exclusivement perçue dans la grande région de Montréal par le gouvernement du Québec et remise à l'AMT. Une de mes propositions est de transférer ce pouvoir de taxation à la Communauté Métropolitaine de Montréal (CMM) et de l'augmenter d'un cent le litre.