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Les gestes de souveraineté, rien de nouveau! 17 janvier 2008
Si on souhaite que le débat politique, au Québec, se déroule de façon éclairée, il faudrait éviter que toute nouvelle idée ou toute déclaration d'un chef de parti soit rejetée ou abattue en flamme avant même d'avoir pu être examinée à son mérite. La controverse au sujet des « gestes de souveraineté » proposés par Gérald Larose et envisagés avec intérêt par Pauline Marois en est un nouvel exemple.
Des gestes de souveraineté, il y en a eu de nombreux dans l'histoire récente du Québec. La plupart d'entre eux, s'ils ont pu être contestés à l'origine, sont aujourd'hui considérés avec faveur par la grande majorité des Québécois. Prenons l'adoption du fleurdelysé comme drapeau québécois par Maurice Duplessis en 1948. C'était certainement un geste de souveraineté. Même chose pour l'adoption, en 1955, du premier impôt québécois sur le revenu. Le gouvernement Lesage, dans les années '60, a posé plusieurs gestes de souveraineté : l'adoption du Régime des rentes du Québec et la création de la Caisse de dépôt et placement, le retrait des programmes conjoints, l'établissement de délégations du Québec à l'étranger, la signature d'accords avec la France. Le gouvernement de l'Union nationale, qui lui a succédé, n'a pas été en reste : création de Radio-Québec, abolition du Conseil législatif et adoption du nom d' « Assemblée nationale » pour désigner l'Assemblée législative, participation du Québec à la Francophonie. Sous René Lévesque, il y a eu, évidemment, l'adoption de la loi sur la consultation populaire, celle de la Loi 101 et la tenue du premier référendum. Sous Robert Bourassa, la participation au premier sommet de la Francophonie, l'utilisation de la clause « nonobstant » au soutien de la Loi 101, la création de la Commission Bélanger-Campeau et la conclusion de l'Accord sur l'immigration. Sous Jacques Parizeau, les commissions sur l'avenir du Québec et le second référendum. Sous Lucien Bouchard, le rapatriement en matière de main d'oeuvre et la création d'Emploi-Québec. Sous Bernard Landry, la reconnaissance de la nation québécoise. Sous Jean Charest, le rapatriement du congé parental. Et j'en oublie sûrement plusieurs. Que le Parti Québécois s'engage à continuer dans cette lignée et à utiliser au maximum les pouvoirs de souveraineté que lui reconnait la constitution actuelle, il n'y a rien là qui devrait inciter les fédéralistes à monter aux barricades. Au contraire, Mme Marois ayant indiqué qu'elle verrait à ce que tout se fasse dans le respect des lois et de la légalité constitutionnelle, c'est une position qui ne devrait pas alarmer les tenants du système fédéral canadien. Car le vrai débat, le seul, c'est celui de l'orientation stratégique du Parti Québécois. À la suite de son échec électoral de 2007, le PQ a un choix crucial à faire : devrait-il recentrer clairement son action autour de l'accession du Québec à la souveraineté (quitte à ne pas être élu tant que les Québécois ne seront pas prêts à être indépendants), ou devrait-il se présenter comme un parti de gouvernement, axé sur la défense et la promotion des intérêts du Québec en posant tous les gestes nécessaires, y compris des gestes de souveraineté ? Qu'est-ce qui serait dans le plus grand intérêt du Québec et des Québécois, à court et à long terme ? Voilà le débat qui demande réflexion ! Car la réponse, pour plusieurs, n'est pas évidente. Elle le sera sans doute davantage après les prochaines élections. Texte publié dans La Presse du 18 janvier 2008. Gilles BOIVIN, 75 ans, Québec Quelle énumération !!Ça remomte à 1948. 60 ans c'est de l'histoire récente. Michel Hudon, 56 ans, Saint-Pacôme BIen dit, Monsieur Bernard! Rien de mieux qu'un rappel historique pour clarifier les choses! Gérald Bouchard, 57 ans, Sorel-Tracy Étant donné que nous sommes maitenant une Nation reconnue par le gourvernement Harper. Gérald Bouchard, 57 ans, Sorel-Tracy Selon moi on pourrais ramenés de l'avant Gilles Verrier, 55 ans, Gatineau Votre article démontre bien que les gestes de souveraineté sont depuis toujours un élément légitime du fédéralisme. C'est dans la nature du régime que les forces décentralisantes se mobilisent pour défendre leur intérêt et qu'en contre partie, ces forces soient constamment ré-équilibrées par les gestes centralisateurs d'Ottawa. Pour tout geste de souveraineté, on compte un geste qui dépouille le Québec de ses pouvoirs. Qu'il suffise de penser à l'envahissement du fédéral dans le domaine de l'éducation et de la santé (chaires de recherches,etc.), des travaux publics (programmes d'infrastructures), et ainsi de suite. Au final, les "gestes de souveraineté" ne seraient qu'une nouvelle appellation recouvrant de vieilles réalités, une longue continuité. Peut-être une façon d'amorcer un retour de balancier, une façon de reprendre quelque peu l'offensive. Il est vrai les Québécois sont sur la défensive depuis un bon moment quant à la défense de leurs droits. Ils ont réagi en ordre dispersé à la reconnaissance de la nation par Harper, cherchant quelque part un leadership absent. Pendant ce temps, les ténors du fédéralisme ne ratent jamais une occasion de semer le doute sur la légitimité d'une pratique plus musclée du fédéralisme, ce que semble préconiser Mme Marois. Ils ont poussé les souverainistes dans les câbles, ils semblents réduits à justifier leur projet, à vendre sa légitimité dans les termes du fédéralisme. Car comprenons-nous bien, il faut se garder de prendre des vessies pour des lanternes. Les gestes de souveraineté dont on parle ne sont pas la souveraineté et la souveraineté n'est pas au bout de ces gestes. Ce qu'il y a au bout de ces gestes c'est de la déception et un sentiment d'impuissance accru, contribuant une nouvelle fois à la fatigue politique nationale. L'histoire est tenace. Pour peu que le cadre politique et historique demeure inchangé, la répétition des mêmes gestes conduit aux mêmes résultats. denis lebeau, 39 ans, montréal
Lucien Lessard, 70 ans, Québec Faudra-t-il rappeler l'histoire aux Québécois à chaque jour pour qu'ils se souviennent ? Quelle devise avons-nous ? J'ai lu ton article avec plaisir, mais ces choses auraient dû être rappelées aux Libéraux par nos chefs politiques qui semblent eux ( ou elles ) aussi avoir oublié le passé.Je t'avoue, mon cher Louis, être vraiement déçu de nos leaders actuels. Je pense de plus en plus qu'ils ne savent pas où il s'en vont.Ils ont perdu l'initiative. Aussitôt qu'ils présentent quelquechose, et sont attaqués le moindrement par nos adversaires, ils prennent panique et reculent. Quoi de plus normal de demander à nos immigrants d'apprendre à parler français à l'intérieur d'une période de trois ans. Ils devraient même l'apprendre avant d' arriver au pays. Après tout la décision d'immigrer ne se prend pas à l'intérieur d'un jour ou du moins pour la majorité. Ils ne sont pas toud des refugiés.Il m'arrive d'aller au Mexique et quelques mois avant de m'y rendre, je m'engouffre dans Assimil pour y apprendre la langue. Heureusement j'ai plus de facilité avec l'Espagnol qu'avec l'Anglais. Pourtant j'y vais seulement pour quelques semaines de vacances. Michel Lebel, 62 ans, Entrelacs Vous jouez sur les mots ici. Comme bien des politiciens font à l'occasion. Je pense notamment ici aux Lesage, Johnson, Trudeau, De Gaulle, etc. Madame Marois présente ses futures demandes comme des gestes de pré-sécession, dans un cadre qui pourrait volontairement donner lieu à des contestations judiciaires(pensons à la citoyenneté). Sa démarche n'est pas celle avancée pour mieux faire fonctionner le fédéralisme, mais pour démontrer qu'il ne fonctionne pas. C'est une démarche qui recherche l'affrontement pour faire avancer la Cause. Il ne faut pas en être dupe et tomber dans un piège aussi gros que le Lac Saint-Jean! |
![]() Parlons de l'essentiel La laïcité de l'État et croyances religieuses L'importance du « soi collectif » À la défense de Kahnawake Une souveraineté bien réelle ! L'indépendance est une fin en soi ! La résurgence du politique Quand la fin justifie les moyens Mes meilleurs voeux! Quelle sera la « prochaine marche » ? |
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Zach Gebello, 50 ans, St-Andre Avellin
Date: 2008-01-18 à 9:55
Après 20 ans de réflexion:
"Parti de gouvernement, axé sur la défense et la promotion des intérêts du Québec en posant tous les gestes nécessaires, y compris des gestes de souveraineté"