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Pourquoi le Québec libre? 21 août 2007 Le quarantième anniversaire de la célèbre déclaration du Général de Gaulle de « Vive le Québec libre » remet à l'ordre du jour la question de l'indépendance du Québec. Pourquoi, en effet, faudrait-il faire du Québec un pays souverain ? Comme me l'a fait remarquer récemment un de mes amis, il y a deux façons de répondre à cette question. On peut y répondre dans le sens de « à cause de quoi faut-il faire l'indépendance? », ou on peut y répondre dans le sens de « en vue de quoi faut-il faire l'indépendance? ». Les deux réponses sont évidemment valables, mais elles font appel à des motivations fort différentes. À cause de quoi ? Il va de soi que ces arguments ont du poids et restent valables. C'est d'ailleurs à la suite d'évènements comme la crise des Gens de l'air, le piétinement du drapeau du Québec ou le refus des accords du Lac Meech que le sentiment nationaliste a atteint ses sommets au Québec. Mais ce sont des arguments qui sont tournés vers le passé et qui mettent la faute sur les autres. Et ils ont leurs limites, car les autres ne font pas que des mauvais coups, la pratique du fédéralisme peut s'améliorer, les attitudes peuvent changer... En vue de quoi ? Car si nous voulons devenir souverains, c'est d'abord pour nous-mêmes. Non pour nous libérer des autres, mais pour être libres de nos choix. Non pour nous plaindre des décisions d'autrui, mais pour avoir les moyens de prendre nos propres décisions en vue de nous construire, ici, un pays qui corresponde vraiment à nos besoins et à nos aspirations. Non pour rejeter le fédéralisme, mais pour récupérer les pouvoirs qui nous manquent et les ressources financières qui nous échappent. Et cela, en vue de faire un certains nombre de choses qui, dans le cadre constitutionnel actuel, échappent à notre portée. D'abord, en vue de faire du Québec un pays français. Cela est une nécessité absolue pour assurer la pérennité du caractère français de la nation québécoise. Dans cette ère d'échanges et de communications, on ne peut pas faire abstraction de la situation géopolitique du Québec, petit ilot francophone au milieu d'une mer anglo-saxonne. Le français ne pourra y survivre que s'il est protégé par l'encadrement d'un État français. Or, tant qu'il fera partie du Canada, le Québec ne pourra jamais être un État français et restera toujours un pays bilingue puisque l'anglais y aura toujours droit de cité. Ensuite, en vue de nous donner des règles de conduite sociale qui, dans tous les domaines, reflètent nos propres valeurs. N'y a-t-il pas quelque chose d'incongru à ce que ce soit à Ottawa que la députée Francine Lalonde doive présenter son projet de loi sur le suicide assisté? Qu'une question comme celle-là doive être décidée par un parlement où les Québécois sont largement minoritaires? Qu'il en soit de même pour le contrôle des armes à feu, pour l'usage de la marijuana, pour la lutte au crime organisé, pour la conduite en état d'ébriété, pour les libérations conditionnelles et pour toutes les autres matières qui relèvent du droit criminel? Ou pour toutes les autres matières, et elles sont nombreuses, qui relèvent du parlement fédéral? Et aussi en vue d'être présents sur la scène internationale. Ce n'est que depuis le « Vive le Québec libre » du Général de Gaulle que le reste du monde connait l'existence du Québec. Pourtant, nous avons beaucoup à apporter aux autres nations en raison de notre histoire, de notre culture à la fois européenne et américaine, de notre créativité et de notre ouverture aux autres. Nous avons une contribution à faire et une aide à donner aux pays en voie de développement. Et nous avons aussi des intérêts à protéger dans les forums internationaux. Or il n'y a que les pays souverains qui ont droit de parole sur la scène internationale. Enfin, en vue d'avoir pleins pouvoirs sur l'organisation de notre démocratie et de nos institutions politiques. À l'heure actuelle, nous ne pouvons modifier ni le caractère monarchique ni le caractère parlementaire de notre régime politique. Et il nous est très difficile, sinon impossible, de procéder à une véritable décentralisation des pouvoirs en créant des gouvernements régionaux démocratiquement élus qui permettraient à nos régions de se prendre en mains. L'épanouissement de la nation La nation québécoise est le fruit de 400 ans d'efforts pour implanter, en ce coin d'Amérique, un rameau français capable de survivre et de se développer. Malgré les épreuves et les temps difficiles, cette implantation a réussi à grandir pour devenir une société vibrante et dynamique. Mais c'est une nation qui reste encore fragile, incomplète et dont la construction reste à finir. Je suis persuadé que, lorsqu'elle prendra pleinement conscience d'elle-même, de ses capacités et de ses possibilités d'avenir, elle n'hésitera plus à prendre les moyens pour qu'enfin vive le Québec libre. Texte publié dans Le Devoir du 21 août 2007. , ans, "Tous admettent maintenant que les Québécois forment une nation. C’est-à-dire que le groupe national auquel ils s’identifient collectivement et qui assure leur continuité dans le temps est la nation québécoise. C’est cette nation qui, par ses institutions politiques, sociales, économiques et culturelles permet à chaque individu de se définir, de se développer et de trouver sa place dans le monde."(Louis Bernard) Bernard Desgagné, 49 ans, Gatineau Bonjour Monsieur Bernard, Luc Bertrand, 45 ans, Pointe-aux-Trembles Hé, monsieur! Qu'est-ce que vous devez regretter d'avoir finalement choisi de renoncer à vous présenter candidat contre madame Marois à la direction du Parti Québécois, ce fameux dimanche "historique" au restaurant El Capriccio de Pointe-aux-Trembles! Zach Gebello, 50 ans, St-Andre Avellin Bravo! Pour avoir proposé cette commission à Charest, M. Bernard! Et surtout avoir proposé G. Bouchard! Zach Gebello, 50 ans, St-Andre Avellin Quelle bande de bouffons!! Guy St-louis, 57 ans, matane La societe quebecoise me donne l impression d etre vieille. moi meme 57 ans suis-je vieux? on est comme un peuple fatigue de perdre.Je crois qu on ne sais plus si on doit defendre notre heritage culturel, on est mele.La bataille pour la sauver s'annonce tres faible. j'en suis inquiet, est-on fatigue? |
![]() M. Drainville, visez juste ! Le Canada en état de profonde transformation Une solution honorable Le jour où le Canada s'est fractionné Décès de Maryse Melançon-Bernard Une quasi-gratuité à préserver La question nationale reste au coeur du débat politique Démocratie à la canadienne La mort subite L'illusion du changement |
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, ans,
Date: 2007-08-21 à 10:24
Petite question à Louis Bernard et à tous les souverainistes: comment expliquer que depuis le temps qu'on en parle, avec l'appui de bien des journalistes, d'artistes, et une bonne partie de l'intelligentsia, la souveraineté ne soit pas faite et qu'elle semble maintenant plus éloignée que jamais? Le peuple serait-il un nigaud ou a-t-il plutôt compris qu'il y avait bien des avantages à être à la fois canadien et québécois. Du moins plus d'avantages que d'inconvénients. Que la canadianité faisait partie de la québécitude. Tous les sondages, depuis logtemps, témoignent de cette donne. Ne faudrait-il pas, en bon démocrate, en prendre finalement acte un jour?
Michel Lebel
Entrelacs, le 21 août 2007