L'état de la nation
21 juin 2007
La célébration de la Fête nationale est une bonne occasion de faire le point sur l'état de la nation. Où en est le Québec ? Est-il en bonne forme ? Est-il en progrès, en stagnation, en recul ? Qu'en est-il de ses projets d'avenir, de ses espoirs, de ses rêves ?

Le Québec actuel est né de l'élan que lui a donné, il y a plus de quarante ans, la Révolution tranquille par laquelle les Québécois ont décidé de se prendre en main. L'objectif était de créer ici une société moderne sur le modèle du welfare state de l'après-guerre, où un État interventionniste, aidé d'une fonction publique de carrière, assurerait à la fois un développement stable de l'économie et une redistribution de la richesse. Pour certains, cette modernisation devait se faire sans remettre en cause le cadre constitutionnel fédéral ; pour d'autres, il fallait que cette prise en main devienne globale dans un Québec souverain.

Depuis, le monde a changé. Le modèle du welfare state a été remis en cause par le progrès technologique et la mondialisation qui en a découlé. Même si les deux défis fondamentaux, celui de la création de la richesse et celui de sa redistribution, sont restés les mêmes, les conditions dans lesquelles ils se posent désormais ont été complètement transformées. D'où la nécessité de revoir le rôle de l'État, du marché et des différents acteurs sociaux.

À cet égard, le Québec actuel est perplexe et cherche sa voie. Il n'est pas d'ailleurs le seul. Sur le plan international, la mondialisation et le développement ont produit des résultats ambivalents : création d'une richesse certaine, mais mal répartie entre les riches (pays et individus) qui deviennent plus riches, et les pauvres qui deviennent plus pauvres ; amélioration des conditions de vie, certes, mais détérioration accélérée de l'environnement planétaire. Par ailleurs, sur le plan interne, et notamment au Québec, l'augmentation du coût des programmes et la lourdeur de l'appareil administratif ont suscité une remise en question du fardeau fiscal et des acquis sociaux, en particulier la gratuité des soins de santé et de l'éducation.

À mon sens, le Québec aura beaucoup de difficulté à sortir de cette perplexité et à trouver sa voie s'il ne se donne pas de nouveaux horizons capables de mobiliser toutes les énergies de la nation, comme il avait réussi à le faire au moment de la Révolution tranquille. Ayant personnellement connu le Québec des années '50, je ressens, à l'heure actuelle, le même blocage que j'ai connu à cette époque. Aussi, crois-je que, pour éviter de redevenir une société bloquée et renouveler la problématique de son agir collectif, le Québec a besoin d'un élargissement radical de ses perspectives et de son terrain d'action. C'est ce que permettrait la souveraineté du Québec.

On est souvent porté à croire qu'un Québec souverain ne serait, en définitive, qu'un Québec-province plus gros. Que se sera le même Québec, mais un peu plus costaud. Que le passage du Québec de l'état de province à l'état de pays ne sera qu'une simple évolution linéaire. Que ce sera comme si on mettait un peu plus d'air dans un ballon, qui deviendrait certes plus volumineux mais qui resterait essentiellement le même. Ce n'est pourtant absolument pas le cas.

Au contraire, l'accession du Québec à sa souveraineté sera l'occasion d'une transformation radicale du Québec que nous connaissons aujourd'hui. Ce sera la naissance d'un Québec nouveau, tout comme la Révolution tranquille des années '60 a donné naissance à un nouveau Québec. Pour s'en rendre compte, il suffit d'examiner les principaux changements qui marqueront la différence entre le Québec-province et le Québec-pays. J'en mentionne quelques-uns uns.

- Le Québec, après quatre cents ans d'efforts, deviendra un pays français, définitivement et irrévocablement - ce qu'il n'est pas à l'heure actuelle. Assuré de son identité française, il pourra, avec plus de confiance, mettre en valeur sa propre diversité : nations autochtones, minorités anglaise et communautés culturelles.

- Le Québec deviendra pleinement responsable de lui-même faisant toutes ses lois et percevant tous ses impôts. Par contre, aucun argent ne viendra plus du gouvernement fédéral ou des autres provinces. Donc, nous serons pleinement responsables de ce qui nous arrive, de nos succès comme de nos échecs. Ce changement aura des répercussions psychologiques considérables : il faut voir l'importance qu'a, dans tous les pays, la fierté nationale. Ceux qui pourraient en douter n'ont qu'à se référer au cas de l'Irlande, pays de quatre millions d'habitants, qui, en quelques années, est passé de la position de queue à la position de tête des pays d'Europe.

- Le Québec aura, au même titre que les autres nations, son rôle à jouer sur la scène internationale, rôle que, à l'heure actuelle, il ne peut jouer que dans le cadre limité de la Francophonie ou d'une manière officieuse. Cela permettra non seulement au Québec d'être présent au monde, mais, surtout, au monde d'être présent au Québec.

- Le Québec récupérera un grand nombre de pouvoirs qui présentement lui échappent même s'ils touchent au fonctionnement de sa propre société, ce qui l'empêche de se donner les règles correspondant à ses valeurs et a ses besoins. On pense, par exemple, au droit criminel et à des sujets comme le contrôle des armes à feu, le suicide assisté, les conditions de la libération conditionnelle, l'âge minimal de la responsabilité criminelle, le traitement de la délinquance juvénile, la lutte au crime organisé, l'usage de la marijuana, et j'en passe.

Et il y a ainsi plusieurs autres domaines importants qui ne relèvent pas de notre Assemblée nationale et qui, par conséquent, n'y sont jamais discutés. Il y a, notamment, celui des télécommunications, de la radiodiffusion et des communications de masse. Celui des ondes hertziennes et la téléphonie sans fil. Celui du transport aérien, maritime ou ferroviaire; des brevets et du droit d'auteur; des banques et du commerce bancaire; de la protection de la concurrence et la prévention des monopoles; de la pêche et des pêcheries; des autochtones et des terres qui leur sont réservées. Sans parler des forces armées et de la défense, ni des alliances qui en découlent, ni des industries qui en dépendent.

- Le Québec ne pourra faire autrement que de procéder à une véritable décentralisation en créant des gouvernements régionaux démocratiquement élus et exerçant des pouvoirs étendus. Il est évident, en effet, que l'Assemblée nationale ne pourra prendre la relève du Parlement fédéral sans se délester d'un certain nombre de pouvoirs qu'elle exerce actuellement : autrement, non seulement serait-elle débordée mais le Québec serait excessivement centralisé. On peut penser que des matières comme le développement économique régional; l'implantation et la gestion des équipements culturels, récréatifs et de support aux activités industrielles ou commerciales; l'éducation préscolaire, primaire et secondaire; la santé de première ligne et les politiques sociales, pourraient être confiées aux gouvernements régionaux - avec, naturellement, les ressources fiscales et financières requises.

- Le Québec pourra, pour la première fois, s'approprier sa constitution et ses institutions politiques. Le Québec n'a jamais eu l'occasion d'élaborer sa propre constitution, ni de décider de la nature de ses institutions politiques, car il en a hérité de l'Angleterre. Ce qui veut dire que les Québécois n'ont jamais pu poser eux-mêmes cet acte fondateur par lequel les citoyens d'une nation se donnent, collectivement, un contrat politique fondamental sur lequel ils acceptent de bâtir leur avenir.

On voit donc que le Québec souverain sera bien différent du Québec-province que nous connaissons maintenant. Chacun des six changements que j'ai mentionnés (et il y a en certainement plusieurs autres) aura, en lui-même, des répercussions importantes sur l'état actuel des choses. Mais c'est lorsqu'on les met tous ensemble que l'on peut apprécier la transformation radicale qu'apportera la souveraineté au Québec d'aujourd'hui. Ce sera, littéralement, un autre pays, aussi différent, sinon plus, du Québec actuel que celui-ci est différent du Québec d'avant la Révolution tranquille.

Ce sera un pays pleinement responsable de lui-même, qui n'aura d'autres lois que les siennes, qui ne devra compter que sur ses propres moyens mais qui aura la pleine maîtrise de toutes ses ressources. Un pays français, maître de son immigration et où les immigrants s'intègreront naturellement à la culture dominante ; donc un pays enfin sûr de sa pérennité culturelle et, par conséquent, moins craintif de sa diversité. Un pays complet où rien ne lui est étranger et qui a le contrôle de tous les domaines de sa vie nationale. Un pays présent au monde, solidaire des autres nations et prêt à faire sa part pour la solution des problèmes planétaires et la lutte à la pauvreté dans les nations plus démunies. Un pays décentralisé, où les régions jouissent des pouvoirs et des ressources leur permettant de se prendre en main. Un pays qui s'est approprié sa constitution et ses institutions politiques. En un mot : un pays, un vrai.

Voilà qui est de nature à renouveler la dynamique québécoise et à permettre au Québec de se fixer de nouveaux horizons, à la mesure de ses capacités et de ses rêves.

Bonne Fête Nationale à tous !

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Gilles Bousquet, 66 ans, St-Hyacinthe
Date: 2007-06-21 à 11:32

Très bien mais, est-ce que les Québécois vont savoir si ça serait la monnaie canadienne ou une nouvelle québécoise qui va être adoptée dans un Québec souverain et, les frontières, est-ce que nous continuerions à avoir des postes entre le Québec et les États-Unis et de nouveaux avec l'Ontario et le Nouveau-Brunswick ? Est-ce que les Québécois pourraient avoir la double nationalité ?

Qui va décider de ce qui précède ?

Michel Lebel, 62 ans, Entrelacs
Date: 2007-06-21 à 13:45

Vous croyez encore à la Terre promise, vous rêvez encore à une deuxième Révolution tranquille. Je crois plutôt à une "révolution" personnelle et je refuse toute idéologie du "Grand Soir." Je sais trop où ça mène. Bonne Fête nationale et du Canada, mon autre Nation!

Zach Gebello, 50 ans, St-Andre Avellin
Date: 2007-06-21 à 13:55

"Un pays décentralisé, où les régions jouissent des pouvoirs et des ressources leur permettant de se prendre en main."(Louis Bernard)

C'est tout un changement de cap que vous négociez-là, M. Bernard. Comment vous croire scincère après vous avoir vu travailler toutes ces années passées à la montréalisation du Québec par les voies les plus autocratiques?

Il suffit de penser à vos négociations avec les Montagnais, des territoires et ressources de ces mêmes régions, sans même que les Québécois qui les habitent ne furent le moindrement informés ou consultés.

Zach Gebello, 50 ans, St-Andre Avellin
Date: 2007-06-21 à 13:59

Ah oui, j'oubliais (ce doit être à cause de l'épuration qu'on lui afait subir à elle aussi);

Bonne Saint Jean!

(Fête Nationale des Québécois, et non à tous)

Richard Gauthier, 60 ans, Saint-Germain-de-Kamouraska
Date: 2007-06-24 à 17:13

C'est l'amorce d'une réflexion sur la problématique de la mondialisation et ses conséquences évidentes sur la répartition de la richesse, couplée à la problématique de la lourdeur de l'appareil administratif qui ont le plus retenue mon attention! En même temps que je sentais un diagnotic lucide,je suis resté sur mon appétit concernant le pourquoi MAINTENANT le Québec POURRAIT développer un modèle de société qui ferait contrepoid à la problématique énoncée dans un contexte plus élargi de mondialisation.

yvan marginean, 48 ans, montréal
Date: 2007-06-27 à 17:55

Mon pays le Québec
Bonjour, je suis de nationnalité roumaine,je suis fier de mes racines profonde,maintenant elle ont pris terre,pour ce nouveau pays ,que sera le QUÉBEC.
Merci bien a vous.

yvan marginean, 48 ans, montréal
Date: 2007-06-27 à 18:11

Michel Lebel, 62 ans, et du Canada, mon autre Nation!
ca fait pitié de vous lire,Mr lebel, les anglais ont cette fierté et honneur d'etre anglais,cette autre nation,qui a tué et massacré,la votre.

Éric Tremblay, 33 ans, Montréal
Date: 2007-07-01 à 14:59

États Généraux sur l’Indépendance (EGI)

Notre situation est unique dans l’Histoire du monde moderne

La construction du pays du Québec commande une vision emballante, une volonté inébranlable, une détermination sans faille et un courage de tous les instants ancrés dans l’action.

Éric Tremblay
Tribune libre de Vigile
mercredi 16 mai 2007



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De toute évidence, le nécessaire débat d’idées auquel les membres du PQ étaient en droit de s’attendre, à la suite de la sévère raclée subie le 26 mars dernier et la démission subséquente de Monsieur Boisclair, n’aura pas lieu. Tout indique que Madame Marois sera couronnée chef du Parti québécois. Est-ce une bonne chose dans les circonstances actuelles ? Je ne sais pas. Par contre, si Madame Marois désire réaliser l’indépendance du Québec, elle devra non seulement promouvoir constamment l’idéal indépendantiste auprès du peuple, comme elle s’est engagée à le faire, mais aussi surmonter le dogme étapiste qui ronge le parti depuis 1974 et asphyxie l’idéal depuis le vol référendaire de 1995. Croire que le peuple québécois demandera un jour au PQ la tenue d’un référendum gagnant sur l’indépendance relève de l’aveuglement volontaire ou de la pensée magique.

La construction du pays du Québec commande une vision emballante, une volonté inébranlable, une détermination sans faille et un courage de tous les instants ancrés dans l’action. Au cours des prochains mois, Madame Marois devra faire preuve de ces qualités. Elle pourrait le démontrer en convoquant des États Généraux sur l’Indépendance (EGI) afin de rassembler l’ensemble des indépendantistes de tous les horizons. Cet exercice permettrait l’émergence d’un engagement consensuel autour d’une démarche moderne qui conduira la nation à son indépendance. La synthèse des travaux de l’EGI serait intégrée dans le programme de pays que le Parti québécois proposera clairement, franchement, ouvertement et honnêtement aux citoyens lors de la prochaine élection. Advenant une victoire électorale, le PQ appliquera légitimement son programme.

Voici ce que le programme de pays devrait minimalement contenir :

1) Déclaration d’indépendance et adoption d’une Constitution provisoire incluant la citoyenneté québécoise et la création d’une Cour suprême du Québec.

2) Adoption d’une Charte de la langue française renforcée intégrée à la Constitution (obligation de fréquentation du CÉGEP français pour tous les étudiants québécois, unilinguisme de la langue d’affichage, création d’une Commission de la protection de la langue française chargée de l’application de la loi dans toutes les entreprises et les institutions gouvernementales, etc.).

3) Adoption d’une Charte de la laïcité intégrée à la Constitution.

4) Adoption d’une série de lois remplaçant les lois fédérales s’appliquant actuellement au Québec (impôts, assurance emploi, pensions de vieillesse, Code criminel, transport, etc.).

5) Stratégie de négociations avec Ottawa pour le partage des actifs et de la dette, ainsi que pour assurer la libre circulation des biens, des services, des personnes et des capitaux entre les deux pays.

6) Création d’une Assemblée constituante qui mènera à l’adoption d’une Constitution républicaine permanente à la suite de différentes consultations où les citoyens seront conviés à déposer des mémoires. Cette Constitution républicaine sera protégée par un Conseil constitutionnel.

7) Actualisation du cadre financier d’un Québec indépendant.

L’ensemble de ces mesures assurerait le contrôle effectif de notre territoire, ce qui faciliterait la reconnaissance internationale. Cet exercice essentiel doit être mené par Madame Marois, le PQ et l’ensemble de la famille indépendantiste. Bien que la tâche semble ardue, nous devons prendre le temps nécessaire pour y arriver. Le PQ détient actuellement la balance du pouvoir. Il doit user de cette position à bon escient.

Quant à ceux qui prétendent qu’une Déclaration d’indépendance suivant la prise du pouvoir par le PQ est anti-démocratique, ils doivent surmonter cette fausse impression. En effet, dans un système parlementaire de type britannique comme le nôtre, la légitimité démocratique provient de la victoire électorale, même si le parti élu majoritairement ne récolte pas plus de 50% du suffrage universel. Cela aussi, il faut l’expliquer aux citoyens québécois. D’ailleurs, personne n’oserait contester la légitimité démocratique du gouvernement Charest actuel, lui qui ne doit son élection qu’à l’appui quasi-unanime de la minorité anglaise, étant donné que le PLQ est arrivé bon dernier chez les électeurs francophones, ne récoltant qu’environ 25% du suffrage exprimé.

De plus, que l’on n’invoque pas l’obligation de respecter le cadre constitutionnel canadien afin de rejeter cavalièrement cette approche de la Déclaration d’indépendance. Nous ne réaliserons jamais l’indépendance du Québec en nous soumettant aux contraintes imposées par un ordre constitutionnel étranger dont nous voulons nous débarrasser. Le renvoi de la Cour suprême sur la sécession du Québec et la Loi sur la clarté ne s’appliquent pas à nous, ni à notre Assemblée Nationale. Faut-il rappeler que nous ne faisons pas partie de la Constitution canadienne de 1982 et que le BNA Act de 1867, confirmant notre annexion forcée de 1840, a été signé sans le consentement du peuple ? Cela aussi, il faut l’expliquer aux citoyens québécois.

Enfin, nulle part au sein du corps juridique dessiné par le droit international il n’est fait mention de l’obligation pour un peuple de procéder par référendum à son autodétermination. Une fois cette vérité bien comprise, les Québécois, les indépendantistes, surtout les membres du PQ ainsi que Madame Marois, doivent saisir l’occasion historique qui se présente actuellement pour en finir avec l’étapisme suicidaire. Notre situation est unique dans l’Histoire du monde moderne. Nous devons adopter une stratégie propre exigée par une lecture correcte des faits. Sans quoi, le pays du Québec pourrait fort bien ne demeurer qu’un rêve.

Éric Tremblay, avocat

Éric Tremblay, 33 ans, Montréal
Date: 2007-07-01 à 15:00

PQ-Pauline : des odeurs d’attentisme et d’affirmationnisme

Les indépendantistes voteront de moins en moins pour un PQ qui ne propose rien de plus qu’un programme de gestion provinciale.

Éric Tremblay
Tribune libre de Vigile
jeudi 28 juin 2007



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Le 16 mai dernier, dans « Notre situation est unique dans l’Histoire du monde moderne » publié sur Vigile, je conviais Madame Marois à convoquer des États Généraux sur l’Indépendance afin de permettre à l’ensemble du mouvement indépendantiste d’adopter une démarche gagnante qui permettrait enfin de créer le pays que nous attendons depuis tant d’années. Ce texte rappelait aussi que cette construction du pays du Québec commande une vision emballante, une volonté inébranlable, une détermination sans faille et un courage de tous les instants ancrés dans l’action.

Hier à Québec, Madame Marois, reprenant le contenu de son texte publié le 18 juin dernier sur le site du Parti Québécois, exposait son plan de match afin que le PQ redevienne le parti des Québécois. À la suite de ce discours, le moins que l’on puisse dire, c’est que les indépendantistes qui croyaient sincèrement que le nouveau chef du PQ se consacrerait entièrement à la réalisation de l’indépendance du Québec seront encore une fois déçus. En effet, Madame Marois, tout en appelant les militants à promouvoir l’indépendance auprès des Québécois, affirme brutalement que ces derniers ne sont pas prêts à rouvrir maintenant la discussion décisive sur la concrétisation du pays du Québec, bien qu’ils s’attendent à voir leur identité et leurs valeurs fondamentales être affirmées haut et fort. Ces propos ont des odeurs d’attentisme et d’affirmationnisme. Rien de bien motivant pour les indépendantistes.

En attendant, Madame Marois s’engage résolument dans la recherche de la mythique troisième voie. Sans posséder les pleins pouvoirs législatifs et fiscaux d’un pays, ce qui risque fort de miner toute chance de succès de cette entreprise, elle entend moderniser la social-démocratie afin de trouver le juste équilibre entre les rôles respectifs de l’État, du secteur privé et de la société civile. De cette façon, croit-elle, les indépendantistes ayant délaissé le PQ au profit de l’ADQ ou de QS reviendront naturellement au bercail. Pourtant rien n’est moins sûr. Le jeu de réalignement sur l’axe gauche-droite ne permettra pas de rassembler l’ensemble du mouvement indépendantiste derrière le PQ. Si le PQ n’arrive plus à fédérer les indépendantistes de gauche, de centre-gauche, de centre-droit et de droite, c’est que depuis le référendum de 1995, ce parti n’a pas su présenter une vision indépendantiste emballante et proposer une démarche d’accession à l’indépendance gagnante. Les indépendantistes voteront de moins en moins pour un PQ qui ne propose rien de plus qu’un programme de gestion provinciale.

De plus, bien que Madame Marois affirme qu’il faille abandonner l’obligation référendaire, elle se refuse à dire comment elle entend procéder à la création du pays. Elle entretient l’ambiguïté. Pourtant, la démonstration du « comment » se veut aussi importante que l’explication du « pourquoi ». Nous sommes capables de mâcher de la gomme et de marcher en même temps. Si nous voulons que les Québécois soutiennent la réalisation de l’indépendance, il faudra bien les rassurer en leur expliquant comment nous allons procéder. Ce n’est pas l’idéal de l’indépendance qui est massivement rejeté par la population québécoise, mais bien le moyen du référendum. La moyenne des sondages depuis 2005 indique que l’appui à l’indépendance se situe aux alentours de 45%, alors que le moyen du référendum est rejeté par plus de 80% des Québécois. Il faudrait en tirer les bonnes conclusions. Que les Québécois refusent de rejouer dans un psychodrame référendaire, cela se comprend parfaitement. Ils ne veulent plus s’exposer au viol de leur démocratie par les forces d’Ottawa et de « Corporate Canada ». À nous de leur proposer une démarche claire, franche, honnête et transparente. Ainsi, nous pourrons les convaincre plus facilement de la nécessité pour le Québec de devenir un pays.

Le problème fondamental du PQ depuis 1974 réside dans l’imposition du dogme référendaire et de la dissociation qui en découle entre l’accession au pouvoir et la réalisation de l’indépendance. Il ne faut pas chercher ailleurs l’explication des deux raclées que le PQ a subies lors des élections de 2003 et 2007. Faut-il rappeler que plus de la moitié des indépendantistes n’ont pas voté pour le PQ lors de ces deux dernières élections. Il s’avère tout à fait normal que de plus en plus d’indépendantistes se soient lassés de l’étapisme référendaire proposé par le PQ, surtout après ce qui s’est produit en 1995.

Depuis ce temps, le PQ ne cesse de cacher sa véritable raison d’être sous le couvert d’un jeu purement électoraliste. Ainsi, tel un équilibriste, il a tenté de préserver l’appui des indépendantistes en proposant la tenue d’un éventuel référendum, pourtant rejeté massivement par la population, tout en cherchant à s’attirer la faveur des Québécois en affirmant que celui-ci ne se tiendra pas si les astres ne sont pas parfaitement alignés. Maintenant, Madame Marois pousse la logique électoraliste plus loin que Bouchard, Landry et Boisclair n’auraient pu l’espérer en abrogeant l’obligation référendaire sans proposer une méthode alternative d’accession à l’indépendance.

Puisque le peuple n’est pas prêt à décider de la création du pays, le PQ ne s’engagera pas dans la construction du pays avant que le peuple ne le lui demande. Avec une telle attitude, les indépendantistes risquent d’attendre fort longtemps avant de voir leur idéal se concrétiser. Puisque le peuple n’est pas prêt pour la grande décision, on lui proposera de se prononcer sur de petites décisions de gestion provinciale tout en lui parlant du pays lointain. L’instrumentalisation de la cause indépendantiste pour la recherche du pouvoir va se poursuivre sous l’ère Marois. Le nouveau chef attendra que le peuple réclame la tenue d’un référendum. Le dogme référendaire se perpétue sans être soumis à un échéancier précis. Si jamais, dans un avenir plus ou moins lointain, de nombreux sondages consécutifs indiquaient que l’appui à l’indépendance se situait au-dessus, par exemple, de 55%, alors un gouvernement Marois pourrait en appeler au peuple. On nage dans le pur délire mystique !

Un vrai leader, empreint d’une volonté créatrice, amène le peuple à le suivre en lui montrant le plus droit chemin menant à l’atteinte de l’objectif. Il ne lui cache rien. Il lui expose une démarche claire, franche, honnête et transparente qui le force à prendre ses responsabilités et à choisir en toute connaissance de cause. Par sa vision, son assurance, sa détermination et son courage, le leader amène le peuple à se faire confiance, à se dépasser, à aller au-dessus et au-delà des limites qui lui sont imposées par les pouvoirs en place. Le leader favorise la libération du potentiel créateur du peuple. Si nous croyons que l’indépendance du Québec est juste et nécessaire, nous devons non seulement convaincre les Québécois de sa nécessité, mais s’engager à la réaliser grâce à une méthode d’accession limpide (ex : Déclaration d’indépendance et adoption d’une Constitution d’État) qui se retrouvera détaillée clairement à l’intérieur d’un programme politique et d’une plate-forme électorale.

Faisons confiance à l’intelligence des Québécois. Si le peuple n’est pas prêt, il nous le fera savoir en élisant un gouvernement d’un autre parti politique. Cette défaite ne serait pas fatale. Nous n’aurons qu’à continuer le travail jusqu’à ce que l’on gagne une élection qui nous permettra de réaliser l’indépendance. Agir autrement, en semant la confusion et en entretenant l’ambiguïté, ne fait que mettre en danger notre idéal d’indépendance. À chaque fois que le PQ propose une plate-forme électorale provinciale et perd les élections, nous nous éloignons davantage de la réalisation de notre idéal. Le refus de l’action et de l’engagement à concrétiser le pays favorisent l’éclatement et l’éparpillement des forces indépendantistes.

Le nécessaire rassemblement de ces forces ne pourra survenir que lorsqu’un parti indépendantiste s’engagera résolument sur le chemin de la réalisation de l’indépendance du Québec sans référendum. Madame Marois souhaite ce rassemblement, mais adopte une position attentiste qui ne peut que produire l’effet contraire et favoriser la morosité.

Si le PQ de Madame Marois se conforte, pour des motifs purement électoralistes, dans l’attentisme et l’affirmationnisme, voulez-vous bien me dire à quoi il sert ? S’il refuse, lors des élections, de proposer aux Québécois une démarche claire, sans référendum, menant à l’indépendance, voulez-vous bien me dire à quoi il sert ? S’il ne fait que parler de l’indépendance comme d’un rêve lointain, voulez-vous bien me dire à quoi il sert ? Combien de temps encore devrons-nous attendre ? Combien d’échecs devrons-nous encore subir avant de tirer les bonnes conclusions ? Devrons-nous attendre que l’idéal indépendantiste recule au-dessous de 20% avant de rectifier le tir ? Devrons-nous attendre que le PQ tue l’indépendance avant d’agir ?

Enfin, quoiqu’en pense Madame Marois, le « comment » se veut aussi important que le « pourquoi ». Sans une méthode d’accession à l’indépendance adaptée au contexte et à la situation du Québec, ce dernier risque fort de demeurer éternellement un État-nation avorté.

Éric Tremblay

Guy St-louis, 57 ans, matane
Date: 2007-07-02 à 19:41

seulement un petit commentaire j espere vous voir comme chef d une coalition ou partis pour promouvoir et active un nouveau groupe la derniere chance c est peu etre vous si ce groupe bien structure ne reussie pas au moin ns aurons essaye et ceux qui dirons non aurons vu les deux coté c etait mon opinion merci Guy st-louis matane

Luc Paquin, 52 ans, Québec
Date: 2007-07-02 à 23:01

Je me permet de souligner que le 3 juillet 2008, ce sera le 400e anniversaire de la fondation de Québec par Samuel de Champlain. On entend parler que la ville de Québec va être fêtée de manière grandiose. Mais des peut-il que l’anniversaire d’une ville puisse cacher le fait que la fondation du premier établissement français permanent en Amérique du Nord constitue l’acte fondateur de notre nation. N’est-ce pas suite à cet événement qu’est né le premier québécois en terre d’amérique. Ne faudrait-il pas lancer une pétition pour réclamer « que le 400e anniversaire de notre nation ne soit pas gardé sous silence ».

Marc-Andre Lacas, 31 ans, Laval
Date: 2007-07-03 à 1:26

Blocage...

Le Québec se bloque à nouveau. Pourquoi?

La révolution tranquille a fait en sorte qu'un apport de savoir "extérieur" (ex: Parizeau qui a mis ses connaissances économiques à contribution) a pu être harnaché pour créér une société "moderne".

Ce qui se passe maintenant est que nous avons épuisé en quelque sorte la source de ce savoir. Et comme le paysage politique québécois est petit, il y a peu d'acteurs et nous avons besoin d'élargir nos horizons à nouveau.

Ce besoin de changement et de nouvelles idées, malheureusement, a pris la forme de Mario "le caméléon" Dumont, qui change de couleur en fonction de la tapisserie qui se trouve derrière lui (il a pris cela de son ancien mentor... un certain Robert B.). Par son habileté à appareiller son discours pour lui mettre les voiles en plein dans le vent, il est perçu comme l'Acteur du changement. À mon avis, il ne fera qu'ajouter une couche de vernis (avec l'aide de Mister Harper) sur le statu quo actuel. Rien de bien durable...
ni de souhaitable. Mais les gens savent qu'il faut bouger, changer. C'est un pas... Mais on ne sait pas dans quelle direction se diriger.

Il serait temps que l'on voie la chose sour un angle différent: le Canada est avant tout l'union économique d'ex-Dominion britanniques qui en avaient marre de passer par Londres pour négocier entre eux. Ce qui m'amène à dire que le Canada n'est pas un "vrai" pays. Il ne s'est pas fait sur la base d'une idée ou d'un idéal (comme la France ou les USA... We the people... ) mais juste sur une démarche visant à favoriser les échanges économiques. Le Canada est en fait un accord de libre-échange qui s'est transformé en pays.

De là, on comprend que le ROC ne saisit rien à la démarche identitaire québécoise... (ce qui leur fait demander: Pourquoi une question de langue dans un traité économique? On parle de dollars et vous voulez une société distincte?)... Le classique quoi. De là les deux solitudes. De là la rhétorique de la "mosaique verticale". Les anglos qui se croient dans une union purement économique et les francophones qui luttent pour leur identité et leur indépendance. Le choc perdure encore.

En fait, il aura fallu attendre un Pierre-Elliot Trudeau pour mettre en place les premiers éléments d'un mythe national "Canadien". Avant lui, le Canada n'est qu'une forme d'union économique. That's it, that's all. Après son passage, tout à coup on a des héros canadiens (à la Terry Fox), une charte des droits, le bilinguisme . Ça prenait bien un québécois pour créer un mythe fondateur pour le Canada, et ce, presque simultanément à la révolution tranquille.

Voilà pourquoi on est bloqué. Si personne n'avait proposé un mythe canadien face au mythe québécois, le Québec serait souverain. En fait, je crois que le discours de De Gaulle en 1967 a fait naître les jumeaux ennemis que furent Lévesque et Trudeau.

Ce duel de géants, cette guerre fratricide, nous ne l'avons jamais terminé. Le mythe canadien de Trudeau s'effrite au fil des ans. Sa charte, son cadeau empoisonné, nuit aux aspirations du Québec car elle donne des pouvoirs accrus à la Cour Suprême du Canada face à celui de la démocratie Québécoise.

Le mythe québécois aussi s'effrite, car il est lié de très près à une idée de social-démocratie qui lutte pour sa survie en ce moment. Le Québec est-il seulement un état-providence ou une nation?

Dur de dissocier les deux en ce moment pour bien des gens. Mais, il n'en demeure pas moins que le modèle québécois est attaqué de plein fouet. Et ce n'est pas la faute des riches anglos canadians cette fois. Ni de nos voisins américains. Cette fois c'est énorme...

Le géant chinois s'éveille. Ses travailleurs travaillent 10 heures par jour. Et surtout, ils sont plus productifs que n'importe quel employé sur la planète... Ils abattent plus de travail en une heure que la moyenne des travailleurs...

Voilà qui dérange le monde capitalisme, qui n'avait pas vu cela depuis un siècle... Des employés qui dorment sur le terrain de l'usine dans un shack... Quel merveilleux retour en arrière! Le capital se réjouit et joue de l'OMC pour tenter de mettre tout le monde au diapason pékinois.

Combien de temps vont tenir les conventions collectives face à une compétition pareille?
Difficile de répondre.

De par son statut de producteur de pétrole, le Canada peut se négocier une marge de manoeuvre face au géant chinois, mais qu'en est-il du Québec?

Ce qui me semble clair c'est que ces pétrodollars restent dans les provinces de l'Ouest. Le pétrole, l'essence ne dépasse pas Sarnia en Ontario. Bref, on a aucune chance de voir cet argent ou le carburant ici un jour. Ceux qui brandissent l'argument du pétrole pour rester au Canada ont tout faux. Ce n'est que du sable bitumineux au yeux, finalement.

Que faire?

Séparons-nous, spécialisons le québec dans le domaine de l'innovation. Faisons du Québec l'équivalent de la Suisse des idées. Offrons des primes, des congés de taxes à toutes les entreprises qui font de la R&D au Québec. Laissons les chinois produire mais soyons ceux qui leur disons quoi faire...

Faisons en sorte que tous les brevets en biotechnologie, en nanotechnologie et en nouvelles idées passent par chez nous.

Inventons une banque mondiale de l'innovation et mettons là au coeur de ce nouveau Québec.

Inspirons nous du "logiciel ouvert" pour créer des groupes de recherches qui sauront résoudre les enjeux du XXIe siècle.

Offrons notre expertise créative, ingénieuse et artistique aux chinois, aux indiens, à tous.

Nationalisons la créativité.

Prenons exemple sur Le Cirque du Soleil, il en est notre meilleur ambassadeur.

Voilà mon petit délire...

et

Bonne Fête Nationale en retard
Merci M.Bernard

Zach Gebello, 50 ans, St-Andre Avellin
Date: 2007-07-16 à 17:02

Alcan, entreprise privée, négociateur en chef pour le gouvernement du Québec, dans les discussions de propriété des territoires publiques de la nation québécoise avec le Amérindiens (sous juridiction fédérale).
C'est bien le Président d'Alcan, M. Louis Yves Fortin, qui a été nommé en 2006 par le Premier Ministre du Québec, John James Charest, pour négocier le territoire publique québécois avec les Innus. Sans en informer ni consulter la nation québécoise biensûr.

Mais qui donc peut encore croire que le PQ est un parti indépendantiste ou même un parti qui voit à la protection des intérêts de la nation québécoise?

Voici la réaction de ce parti suposément indépendantiste face à l'intention de vente d'une partie du territoire et de l'hydro-électricité de la nation québécoise à un cartel minier du Royaume Uni:

"Le Parti québécois a bien accueilli l’annonce de l’achat du géant de l’aluminium par un nouveau groupe. « Bien que nous aurions souhaité que la société Alcan demeure entièrement québécoise, cette transaction nous semble plus intéressante que l’offre d’achat faite récemment par Alcoa », a commenté la députée Rita Dionne-Marsolais." (La Presse)

Voici ce que disent des économistes québécois sur ce joyaux que l'on veut nous départir:

"...l’absorption d’Alcan par Rio Tinto permet à cette dernière d’acquérir les substantielles concessions hydroélectriques que le Gouvernement du Québec a consenties à Alcan tout au long du 20ième siècle."(Rodrigue Tremblay - http://www.vigile.net/article7688.html)

"Dans le contexte énergétique actuel, caractérisé par l'épuisement des réserves fossilisées, des limites dans les sources renouvelables ainsi que l'absence de nouveaux apports miraculeux, l'industrie mondiale de l'aluminium fera bientôt face à un problème stratégique d'alimentation en intrants.
À cet effet, la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean s'avère relativement bien positionnée en matière énergétique, non seulement au niveau hydroélectrique mais aussi sous l'angle de l'éolien, de la biomasse, du gaz naturel, voire du solaire éventuellement. Ladite «Vallée de l'aluminium» possède en réalité un avantage comparatif considérable pour son développement, si elle sait bien exploiter cette richesse localisée en amont de la filière industrielle." (Marc-Urbain Proulx- http://www.ledevoir.com/2007/07/16/150465.html)


Voici une idée du Directeur, de l'entreprise privée, qui a été nommée par notre gouvernement québécois afin de négocié notre territoire avec des sujets (Amérindiens) sous juridiction fédérale (Canada anglais):


Louis Yves Fortier

Administrateur et président du conseil d'Alcan Inc.
Directeur associé Ogilvy Renaud

Patron d’honneur de la Fondation Historica du Canada.

Patron d’honneur du Conseil de l’Unité Canadienne.

Représentant pour le Canada à la Cour internationale de Justice à La Haye dans le différend opposant le Canada et les États-Unis relativement à la délimitation territoriale dans le golfe du Maine.

Négociateur en Chef du Canada dans le différend sur la pêche opposant le Canada et la France.

Conseiller juridique principal du gouvernement du Canada dans le dossier du renvoi concernant le Québec devant la Cour suprême du Canada.

Ambassadeur et représentant permanent du Canada auprès des Nations Unies, à New York.

Président de la London Court of International Arbitration (LCIA).

Gouverneur et Administrateur de la Compagnie de la Baie d'Hudson et a siégé au conseil d'administration de la Banque Royale du Canada, de Corporation Nortel Networks, de Nortel Networks Limitée, de Nova Chemicals Corporation.

Gouverneur de l’Université McGill.

Officier de l’Ordre du Canada.

Compagnon de l’Ordre du Canada.

Boursier Rhodes (Oxford University, 1960)

(Je rappelle que Cecil Rhodes est considéré comme le plus grand colonialiste britannique et est le fondateur du cartel minier De Beers. Un pays d'Afrique a même jadis été nommé en som nom: la Rhodésie)

De Beers, Rio Tinto, et toutes leurs entreprises minères au Canada et Québec qui sont sous des noms différents par croisements d'actions et partenaria, font partie du cartel minier du Royaume Uni qui exploite déjà la majorité des pays d'Afrique.


Dois-je rappeller aussi que tout territoire qui sera accordé aux Amérindiens tombera sous propriété fédérale et non plus québécoise?

Zach Gebello, 50 ans, St-Andre Avellin
Date: 2007-07-17 à 11:49

L'affaire « Fortier-Alcan-Approche commune », ce débat soulevé ces jours-derniers dans « Les Délires d'Akakia » n'aura pas été inutile. En effet, dans son édition de ce mardi 17 juillet de l'an de grâce 2007 le journal Le Quotidien du Saguenay–Lac-Saint-Jean fait amende honorable. Il publie l'information à l'effet que M. Yves Fortier, négociateur en chef du gouvernement du Québec dans les pourparlers en vue du traité titré « Approche commune », soit également président du conseil d'administration de la multinationale Alcan (et président du cabinet Ogilvy Renault cela doit également être précisé). Dans un éditorial qu'il faut saluer avec convenance, l'éditorialiste Carol Néron pose enfin la question qu'on aurait dû poser sitôt l'annonce faite de sa nomination voilà déjà 17 mois : « Est-ce que les deux fonctions entrent en conflit ? Le gouvernement Québécois aura sans doute à répondre à cette question afin de rassurer la population. » Fin de la citation.

Pour ceux qui ne sont pas familiers avec le débat, prenons le temps de rappeler que le 20 février 2006, dans un communiqué officiel, l'honorable Jim Prentice, alors ministre des Affaires indiennes et du Nord canadien et Interlocuteur fédéral auprès des Métis et des Indiens non inscrits, se disait « réjouit des nominations de M. Carl Nepton au poste de négociateur en chef des Innus du Conseil tribal Mamuitun mak Nutashkuan et de M. Yves Fortier à titre de négociateur en chef du gouvernement du Québec, dans le cadre des revendications territoriales globales et d’autonomie gouvernementale des Innus du Québec. »

Éblouis par le CV bien rempli de M. Fortier, les journaux du pays s'étaient ainsi donc passé le briquet de main à main pour mettre le feu dans l'encensoir du réputé avocat. Parce qu'il avait été nommé « Advocatus Emeritus par le Barreau du Québec », ce qui est loin du plancher des vaches ; parce qu'il partageait son temps entre l'ONU et les parquets boursiers, ce qui est tout à fait honorable en soi ; parce qu'il oeuvrait au sein de la réputé maison d'avocats Ogilvy Renault, ce qui à leurs yeux était un gage d'excellence et une réussite assurée ; pour ceci et pour cela, les maîtres chantres des médias du pays, de la province et de la région ressource n'avaient ainsi donc pas cru bon ouvrir une parenthèse pour questionner le fait que M. Fortier, québécois émérite, était également président du C.A. de l'Alcan, soit dit en passant propriétaire de 95% des forces hydrauliques et hydro-électriques du Saguenay–Lac-Saint-Jean, et, par voie de conséquences, première intéressée dans les conséquences pécuniaires du traité. On aura intérêt à se rappeler également à cet égard, que la nomination de M. L. Yves Fortier en remplacement de M. Louis Bernard, Péquiste émérite et jusqu'alors grand chaman des négociations de l'Approche commune pour le gouvernement du Québec, avait été claironnée comme le meilleur choix possible compte tenu du parcours professionnel de M. Fortier, qui était alors et par défaut le second choix de Jean Charest, en succédané à Lucien Bouchard, ex-premier ministre du Québec et, à ce titre, sanctifié de son vivant.

À l'époque, dis-je bien, la nomination de l'avocat Fortier, était devenue pour les médias « le secret le moins bien gardé en ville » (cf. Le Quotidien, 17 février 2006, p. 10) ... mais pas pour le public qui lui, le cocu content de l'histoire, aurait bien aimé savoir ! Elle avait été annoncée comme la sortie des premières fraises de l'Île d'Orléans, sachant fort bien qu'il suffirait d'une petite nuit fraîche pour en dissiper les couleurs et les odeurs dans la mémoire citoyenne. À l'époque, je dis bien : nul journal, nul journaliste, nul éditorialiste n'avait effectivement pris le temps de noter les liens professionnels et d'affaires conflictuels unissant l'avocat Fortier —doublement président de la firme Ogily Renault et de la multinationale Alcan– au controversé dossier de l'Approche commune. Un dossier où, soit dit en passant, les intérêts supérieurs des citoyens du Saguenay–Lac-Saint-Jean–Côte-Nord et des Métis de la Boréalie sont directement menacés pour les siècle et les siècles et jusqu'à ce que mort s'ensuive.
http://akakia.blogspot.com/2007/07/de-laffaire-fortier-alcan-approche.html

RÉPONSE DE LOUIS BERNARD
Date: 2007-07-27 à 23:56

Un mot seulement sur le processus d'accession du Québec à son indépendance.

Une déclaration unilatérale d'indépendance par le Québec ne pourrait être acceptée par la communauté internationale que si, à la suite d'une expression claire de la part des Québécois qu'ils veulent devenir indépendants, le Canada a refusé de négocier de bonne foi avec le Québec les modalités de cette accession à l'indépendance.

Donc, l'accession du Québec à son indépendance doit d'abord être négociée avec le Canada. Et c'est pour réussir cette négociation que la volonté des Québécois doit s'exprimer par voie de référendum, de façon à ne pas pouvoir être contestée ni par le Canada ni par les autres pays.



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