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Un PQ souverainiste Un repositionnement électoralement rentable 16 avril 2007
Dans un texte récent, j'ai proposé que le Parti Québécois procède à un repositionnement politique fondamental en plaçant la souveraineté au coeur de son programme et de son action politique et en renonçant d'avance à gouverner le Québec-province. J'en ai donné les raisons d'intérêt national pour le développement et l'épanouissement de la nation québécoise. Je voudrais maintenant en donner les raisons d'ordre électoral pour le Parti Québécois lui-même.
Plusieurs, tout en admettant la logique de ma proposition, ont refusé de l'accepter pour des raisons de rentabilité électorale. Ce serait, dit-on, suicidaire que de mettre aussi radicalement l'accent sur la souveraineté. À mon avis, c'est tout à fait le contraire. J'affirme qu'il est dans l'intérêt électoral du Parti Québécois, non seulement à long mais même à court terme, de mettre la souveraineté du Québec au centre de son programme et de son action politique. Et, à l'inverse, je soutiens que prendre ses distances à l'égard de la souveraineté serait catastrophique électoralement pour le PQ et risquerait d'amener sa disparition rapide. Le tripartisme change radicalement la donne politique québécoise en faisant disparaître l'alternance automatique entre le gouvernement et l'opposition. Dorénavant, le PQ n'est plus assuré d'être la solution de rechange et peut très bien s'enliser dans son statut de tiers-parti. Il pourrait même disparaître, comme cela est arrivé à l'Union nationale et aux Crédit-social. Cela lui arrivera fatalement s'il n'a plus sa raison d'être. La marque de commerce du PQ, c'est d'être souverainiste. Son bassin électoral principal, ce sont les souverainistes et les nationalistes. De toutes les tendances : droite, centre et gauche. Il s'agit-là d'ailleurs du bassin électoral qui, au Québec, est de loin le plus large de tous, du moins chez les francophones. C'est donc sur cette cible naturelle que le PQ doit concentrer ses efforts non seulement à long terme mais surtout à court terme. Car quand les temps sont difficiles, il faut, de toute évidence, s'appuyer sur ses assises les plus solides. Pour faire un meilleur score la prochaine fois, le PQ doit d'abord identifier quels sont les électeurs qui, le 26 mars dernier, auraient pu voter pour le PQ, mais qui ne l'ont pas fait. Je ne crois pas me tromper en disant qu'une bonne majorité d'entre eux sont des souverainistes déçus ou démotivés qui ont soit perdu l'espoir que le PQ fasse l'indépendance ou qui ont craint que, ne l'ayant pas bien préparé, le PQ perde le référendum qu'il s'était engagé à faire « le plus tôt possible » au cours de son mandat. Ce sont ces électeurs que le Parti Québécois doit chercher à rallier à sa cause afin d'améliorer ses résultats électoraux. D'ailleurs, quoi faire d'autre ? Y a-t-il une autre voie qui promette des meilleurs résultats lors de la prochaine élection ? Serait-il plus rentable de mettre la souveraineté en veilleuse ? Pense-t-on vraiment que le PQ pourrait avoir de meilleurs résultats la prochaine fois avec la même plate-forme qu'il a mise de l'avant lors des dernières élections, tout simplement en la libérant de la promesse d'un référendum au cours du mandat ? Ce programme de gouvernement, malgré sa valeur, est-il à ce point emballant qu'il pourra contrebalancer la fatigue ressentie à l'égard des « vieux partis » et l'attrait de la nouveauté incarnée par l'ADQ ? Personnellement, j'en doute fort. Il faut également se demander quelle serait la proportion des 28% d'électeurs qui ont voté pour le PQ, souvent après avoir hésité, et qui voudront encore le faire la prochaine fois s'ils ont le sentiment que la souveraineté est considérée par le PQ comme un boulet à traîner plutôt que comme un attrait et une motivation. N'y aura-t-il pas plus de pertes que de gains ? À l'inverse, penser que ce sont des non-souverainistes qui, aux prochaines élections, vont en grand nombre se décider à voter pour le PQ, relève, à mon sens, de la pensée magique. Cela n'a aucune chance de se produire. Mais si, par impossible, cela se produisait, permettant ainsi au PQ de gagner les élections, ce serait pour faire quoi ? Pour gérer le Québec-province à la petite semaine, dans les limites imposées par la situation constitutionnelle actuelle du Québec ? Certainement pas, en tout cas, pour faire l'indépendance. Les années que j'ai vécues au service du Québec dans le giron du Parti Québécois m'ont convaincu que le Québec ne parviendra jamais à la souveraineté par la voie du bon gouvernement. René Lévesque a pu le croire de bonne foi dans les premières années du mouvement souverainiste, mais il n'est plus possible d'entretenir cette illusion. C'est d'ailleurs pourquoi M. Jacques Parizeau s'était engagé à tenir le référendum de 1995 dans la première année de son mandat. Le Parti Québécois est en sérieuse perte de vitesse. De 45% en 1994, il est passé à 43% en 1998, puis à 33% en 2003, et maintenant à 28%. Par contre, le soutien à la souveraineté, sans que le PQ y consacre le moindre effort, s'est constamment maintenu en haut de 40 %. Il doit y avoir là un certain message. Ce serait bien le comble que le PQ s'éloigne de cette clientèle naturelle pour partir à la recherche d'électeurs non souverainistes. La meilleure mise électorale du PQ, c'est donc, à court terme, de convaincre tous les souverainistes qu'il est sérieux dans son intention de faire l'indépendance du Québec en renonçant d'avance à gouverner le Québec-province. À plus long terme, c'est de convaincre un nombre toujours plus grand de Québécois que la souveraineté est non seulement nécessaire au développement et à l'épanouissement de la nation mais que c'est la première des priorités. Dans l'immédiat, il s'agit de rassembler d'urgence tous les souverainistes actuels afin d'obtenir leur vote aux prochaines élections ; à plus long terme, il s'agit d'augmenter le nombre de souverainistes afin de faire l'indépendance du Québec aussitôt que possible. Voilà où, à mon avis, se trouvent l'intérêt électoral du PQ et l'intérêt national du Québec. Texte publié dans Le Devoir du 17 avril 2007. La plume souverainiste, 29 ans, Montréal Monsieur Bernard, je crois que vous avez mal lu ou entendu certains souverainistes qui n’adhèrent pas au concept d’élection référendaire. Pour ma part, je n’ai jamais dit que le Parti québécois devait mettre le projet de souveraineté en veilleuse. Zach Gebello, 50 ans, St-Andre Avellin Repositionnement électoralement rentable. jean-jacques lefebvre, 73 ans, louiseville Bravo! , ans, Cher Monsieur Bernard, Eric Bernard, 40 ans, Outremont @ plume souverainiste : Yvan Bolduc, 48 ans, Montréal Monsieur Bernard, Jonathan Houle, 27 ans, Montréal Monsieur Bernard, Zach Gebello, 50 ans, St-Andre Avellin M. Bernard, Laurent Paré, 57 ans, Bécancour Je suis vraiment fatigué de toutes ces querelles internes sur la place publique. Le PQ est devenu risible, j'ai honte d'AVOIR VOTÉ POUR ÇA !. Il serait mieux de séparer ce qui a été uni il y a bien longtemps. RIN etc... , ans, Bonjour monsieur Bernard! Gilles Bousquet, 66 ans, St-Hyacinthe La réflexion de M. Bernard est juste à point si on considère que la souveraineté du Québec est une chose à faire. Ce n'est pas le cas pour celles et ceux qui placent la prise du pouvoir du PQ au coeur de leur action et qui pensent que gouverner le Québec-province va faciliter le chemin vers la souveraineté un de ces jours, ce qui est le contraire de la logique. |
![]() Parlons de l'essentiel La laïcité de l'État et croyances religieuses L'importance du « soi collectif » À la défense de Kahnawake Une souveraineté bien réelle ! L'indépendance est une fin en soi ! La résurgence du politique Quand la fin justifie les moyens Mes meilleurs voeux! Quelle sera la « prochaine marche » ? |
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Robert Bertrand, 72 ans, Québec. Québec
Date: 2007-04-16 à 23:40
Ce que je peux dire avec certitude, je voterai pour le parti politique qui fera l'Indépendance du Québec.
Pour y arriver à cette Indépendance, il faut avoir confiance dans les personnes qui se présentent devant nous.
Se donner un Pays du Québec, cela me semble assez sérieux pour ne pas confier notre Pays entre les mains de personnes temporaires qui n'ont qu'un seul intérêt : se faire élire. De cela, nous n'en avons pas besoin pour notre Pays du Québec.
Il faut croire dans son objectif y croire assez pour réaliser un programme de Pays et en toutes occasions nous parler de ce programme de Pays, avant, pendant et après l'élection.
Nous faire accroire que l'on est pour le Pays du Québec et suggérer de mettre cette option sous le boisseau parce que dans l'opposition, c'est de la foutaise. Avec raison, nous ne devions pas accorder de soutien à des personnes qui ont d'autres intérêts en tête et qui ne savent pas amener l'argumentaire pour vendre ce projet de Pays à tous les citoyens et citoyennes du Québec.
Félicitations à vous Monsieur Bernard de porter le Pays, de le défendre, d'en parler et de soutenir le seul objectif fondamental auquel il faut tenir.
Si le Parti Québécois se dérobe de cette obligation fondamentale, il vaudra mieux créer un parti politique nouveau. Le Nouveau Parti Québécois pour l'Indépendance du Québec.
Robert Bertrand, rédacteur,
Québec un Pays