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Le pays à bâtir
06 avril 2007
Je voudrais d'abord remercier tous les lecteurs qui m'ont fait parvenir leurs commentaires à la suite de ma dernière communication sur le nécessaire repositionnement du Parti Québécois. Ils sont si nombreux que je ne pourrai malheureusement pas les en remercier personnellement, comme j'aime à le faire.

Plusieurs m'ont manifesté leur accord, entier ou partiel. D'autres m'ont fait part de leurs objections ou de leurs réserves. Celles-ci portent surtout sur le lien entre la promotion de la souveraineté et les problèmes concrets des Québécois. Le PQ ne va-t-il parler que d'indépendance sans dire un mot des questions de santé, d'environnement, de culture, de famille qui préoccupent les Québécois ? Son discours ne sera-t-il pas désincarné ?

Ces interrogations montrent à quel point, au cours des dernières années, l'indépendance a été absente de la réflexion et des interventions du Parti Québécois. Car la souveraineté, ou plutôt son absence, est pertinente à la discussion de la quasi-totalité des problèmes de la nation québécoise.

Parler de souveraineté, en matière d'immigration, c'est montrer que, si le Québec était souverain, nous pourrions garder ici les immigrants que nous recrutons à l'étranger et que ceux-ci s'intégreraient naturellement à la nation québécoise, car ils seraient « immigrants reçus » au Québec et non au Canada. À l'heure actuelle, les immigrants, une fois arrivés ici, peuvent, à leur gré, déménager dans une autre province et ils peuvent choisir de s'intégrer à la nation canadienne plutôt qu'à la nation québécoise.

Parler de souveraineté, en matière de famille et de natalité, c'est montrer comment le Québec pourrait mettre en oeuvre une politique intégrée et vraiment efficace d'aide à la famille et à la natalité en intégrant à ses programmes ceux qui relèvent d'Ottawa comme les allocations familiales, les crédits d'impôt, les prestations d'aide à la garde des jeunes enfants.

Parler de souveraineté, en matière de culture, c'est démontrer à quel point le Québec est impuissant dans ce domaine crucial à la vie de la nation puisque la télévision et la radio relèvent d'Ottawa, quand le Conseil des arts du Canada subventionne nos artistes et nos institutions culturelles, quand Téléfilm Canada décide de la production cinématographique, quand le droit d'auteur est de compétence fédérale exclusive ?

Prenons la lutte à la pauvreté : comment mettre en oeuvre une politique vraiment efficace tant qu'Ottawa reste responsable de l'assurance emploi, de la sécurité de la vieillesse et de la moitié de l'impôt sur le revenu ?

Parler de souveraineté, en matière d'environnement, c'est montrer comment notre filière énergétique basée sur l'hydroélectricité est radicalement différente de la filière canadienne axée sur les hydrocarbures de l'Ouest et, en conséquence, comment nos efforts seraient plus efficaces si notre politique environnementale était conçue en fonction de la réalité québécoise plutôt que canadienne.

Parler de souveraineté, en matière de développement régional, c'est montrer comment le Québec souverain, qui n'auraient plus à se défendre contre les interventions du Canada dans ces domaines qui relèvent pourtant de sa compétence, pourrait procéder à une véritable décentralisation des pouvoirs en faveur des régions, notamment en matière d'éducation, de santé et d'affaires municipales.

Parler de souveraineté, en matière de développement économique, c'est montrer comment le Québec pourrait remplacer Ottawa comme grand maître du jeu par ses programmes d'aide, par sa fiscalité, par ses politiques économiques, par son contrôle des institutions financières, par ses propres dépenses de recherche et développement.

Et on pourrait multiplier les exemples à l'infini : le droit criminel et la lutte au crime organisé, les libérations conditionnelles et la délinquance juvénile; la nomination des juges des cours supérieures; le transport ferroviaire, maritime et aérien, où le Québec est systématiquement défavorisé; la scène internationale où le Québec peut difficilement parler en son nom; sa propre constitution interne qu'il ne peut modifier qu'en respectant les pouvoirs de la Reine, etc.

En réalité, il y a peu de secteurs où on ne ressent pas les répercussions néfastes de l'absence de souveraineté du Québec. On ne peut pas discuter de péréquation, par exemple, sans souligner que si le Québec peut en bénéficier, c'est qu'il est une province pauvre. Et, en réalité, toute la question est de savoir pourquoi le Québec est une province pauvre. Ce qu'il faut viser, ce n'est pas que le Québec reçoive plus de péréquation, mais qu'il en reçoive moins parce qu'il est devenu plus riche. Le danger est que le Québec tombe dans la dépendance sociale en comptant de plus en plus sur l'aide des autres. Le Québec ne doit pas être de plus en plus dépendant, mais, au contraire, de plus en plus indépendant.

Une absence de souveraineté, c'est une absence de pouvoirs. C'est une absence de ressources. Dans tous les domaines, on peut montrer comment un Québec qui aurait la capacité de faire toutes ses lois et de percevoir tous ses impôts pourrait mettre en place des politiques beaucoup plus efficaces, parce que plus directement axées sur la réalité québécoise, qui bénéficieraient à tous les Québécois.

En somme, il faut réinventer l'argumentaire de la souveraineté. Il faut savoir parler de souveraineté en parlant de la vie concrète des gens. Car parler de souveraineté, c'est parler de la manière dont nous pourrons organiser notre vie sociale quand nous serons pleinement maîtres de tous nos moyens. C'est parler d'un pays à bâtir.

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Michel Prévost, 53 ans, Montréal
Date: 2007-04-06 à 22:59

En lisant votre texte, on se rend compte a quel point, au fil des ans, le discours souverainiste fut abstrait. Tout devient lumineux. Bien sur, il faut parler des preoccupations des gens, mais en relation avec l'independance. Le pays souverain n'est pas un sujet a part. Il interfere avec tous les domaines de la vie. On ne peut parler d'education, de sante, d'immigration, de culture sans non seulement y faire reference, mais montrer a quel point il est essentiel. Une belle lecon. Merci.

Michel Lebel, 62 ans, Entrelacs
Date: 2007-04-07 à 6:44

L'argumentaire n'est pas nouveau, mais comme je suis fédéraliste, canadien, et québécois, je ne le partage pas. La discussion devient alors vaine. Avec mes salutations.

, ans,
Date: 2007-04-07 à 7:29

Je comprend bien que les thèmes du discours souverainistes sont multiples et plein d'intérêts pour la majorité des électeurs québécois. Néanmoins je persiste à dire que le Parti Québécois refuse de traiter à fond de certaines questions qui constituent des objections essentielles au projet de la souveraineté. Ces objections ont un impact profond sur l'opinion publique et les réponses de principe qu'en fait le Parti Québécois insuffisantes.

La majorité des Québécois pense que le processus référendaire a perdu de son lustre parce que le Parti Québécois l'a utilisé de façon discutable. Interrogés en ce sens, ils disent que les questions référendaires de 1980 et de 1995 auraient pu être plus claires. Ils pensent que le seuil de 50 % plus un ne constitue pas une réponse claire, en dépit de l'argumentaire valable apporté sur le caractère démocratique de ce seuil.

Le Parti Québécois ne dit vraiment rien de concret sur le problème de l'unité nationale du Québec souverain. En dépit de l'affirmation juste que le territoire du Québec est indivisible, il n'en demeure pas moins que le Québec indépendant vivra un sérieux problème politique car l'insatisfaction d'un grand nombre de Québécois, anglophones, allophones et francophones sera réelle. Sans tomber dans un scénario de guerre civile, ce qui serait à mon avis tout à fait improbable et un scénario digne du coup de la Brinks, il n'en reste pas moins que ces Québécois ont montré jusqu'ici un attachement indéfectible au Canada et qu'ils ne se résigneront pas du jour au lendemain à y renoncer. Les électeurs québécois perçoivent tout cela et le disent par le biais de leur refus de s'engager à nouveau dans un nouveau référendum.

Le Parti Québécois n'a pas le choix de traiter de ces questions. Les adversaires de la souveraineté marquent des points beaucoup trop facilement en leur faisant simplement allusion. Des réponses existent à ces problèmes et elles doivent être dites en dépit de la délicatesse des sujets.

Le but politique du discours souverainiste en ces matières est d'établir la confiance dans le processus référendaire et la confiance que le Québec indépendant saura faire son unité nationale mieux que le Canada n'a su le faire

Gilles Laterrière

Richard Gervais, 60 ans, Sainte-Adèle
Date: 2007-04-07 à 8:54

Votre texte « Un pays à bâtir » est parfait, mais il y a un mais. Il montre bien que le Parti québécois n'a plus été capable depuis longtemps de conjuguer souveraineté et action politique, en particulier quand il était au pouvoir. Mais la vérité aurait exigé de dire aussi que pendant ce temps, plein de péquistes et de militants pour l'indépendance faisaient ce lien, cette conjugaison, et qu'ils étaient méprisés et tenus à distance par la direction péquiste. Quand vous parlez du devoir de « réinventer l'argumentaire », n'affichez-vous pas quelque chose de ce mépris ? Car l'argumentaire en question, il est élaboré depuis longtemps. Il suffit de le prendre là où il est, dans les textes, les communications, les propositions de ces multiples individus et groupes que la procrastination référendaire n'avait pas rendus aveugles. Vous déclinez vous-mêmes, dans ce texte, beaucoup de choses excellentes, nécessaires à toute politique indépendantiste, mais un peu comme une leçon du scrutin du 26 mars, alors que c'est une voie que le Parti québécois aurait dû suivre depuis longtemps. Mais bon. Vaut mieux tard que jamais.

, ans,
Date: 2007-04-07 à 11:01

M. Bernard, si le PQ a cessé de regarder tous les aspects de la société québécoise au travers du prisme de la souveraineté, ce n'est pas par oubli ni par ignorance. C'est par stratégie.

Ce que vous proposez dans votre nouveau texte n'est rien de nouveau; c'est un discours qu'une bonne part des souverainistes de la base véhiculent depuis 30 ans.

Or, ce n'est pas la démarche qui fait défaut, mais le prisme lui-même par lequel on la regarde.

La qualité de votre prisme se dévoile dans vos premiers pargraphes. On y comprends que votre prisme n'est pas de cristal mais de verre. Plutôt qu'un étalement des couleurs qui compose le Québec, on obtiens qu'une lumière blanche (la nation).

Vous comparez ainsi les nations canadienne et québécoise sous le même prisme de verre. Et n'y voyez ainsi aucunne différence. Deux entités homogènes.

Or, sous un prisme de cristal, on vois très bien que les compositions de ces deux nations ne sont pas du tout les mêmes et doivent donc êtres approchées en respectant ces différences.

C'est ce que le PQ a refuser de faire, par stratégie purement électoraliste, en imposant le prisme de verre. Et c'est ce même prisme de verre que vous utilisez ici.

C'est la base du problème.

Le Québec n'est pas un petit Canada.

, ans,
Date: 2007-04-07 à 15:31

Je commencerais par parler d’indépendance plutôt que de souveraineté.

Nos adversaires nous ont souvent reproché de nuancer nos intensions en jouant sur les mots. Même si tous comprennent le sens de souveraineté, on pourra ainsi plus clairement et spécifiquement opposer l’indépendance à la dépendance dans laquelle s’est toujours trouvé le Québec vis-à-vis le Canada Anglais.

- Voulez-vous continuer d’être dépendant du Canada anglais en matière d’environnement, de développement régional, d’immigration, de développement économique, de communications, de culture et de langue ? Si oui, pourquoi ?

Nous devons cesser de nous retrouver continuellement dans une position de défense et passer à l’offensive. Ainsi, les tenants du statu quo fédéraliste auraient dorénavant à justifier leurs positions plutôt que de rejeter ce fardeau sur les épaules des indépendantistes comme ça a été le cas jusqu’à maintenant.

Myriam Marois, 46 ans, Alma
Date: 2007-04-07 à 20:31

Très juste M. Bernard. Tout à fait vrai. Aucun argument à ajouter. Nous ce n'est pas des grenailles que l'on veut au fur et à mesure que le fédéral change de parti politique mais bien un concept légitime pour des français dans un continent immergé d'anglais. Nos barrières établies nous seront à la fois protégé (langue) et plus apte à nous gouverner. On voit bien que notre appartenance française nous distingue comme une appartenance anglaise distingue les anglais. Chacun son identité. Quand on va en Chine est-ce que l'on demande au chinois de parler français et c'est bien comme cela. Alors une fois pour toute soyons un pays.

BERTRAND LEMIRE, 42 ans, MONTRÉAL
Date: 2007-04-08 à 0:45

Je peux peut-être suggérer une autre possibilité. Comme Louis Bernard, il me semble évident que le programme de gouvernance d’un province interfère avec l’essentiel : on ne peut convaincre autrui si on est soi-même hésitant. La souveraineté doit prendre le devant de la scène, en tout temps. Je suis donc d’avis d’abandonner le programme de gouvernance provinciale. Mais contrairement à M. Bernard, il me semble salutaire de définir l’essence de la souveraineté.

La proportionnelle est dans l’air depuis longtemps. Les accommodements sont source d’inquiétude de même que l’opposition villes-régions. Le déséquilibre fiscal et les fusions municipales ont été des irritants de provinces. La mondialisation, les échanges commerciaux et l’économie du savoir sont les enjeux des temps présents.

Pourquoi ne pas proposer un ensemble qui formerait l’alliance fondatrice du Québec et qui répondrait aux points énumérés ci-haut? Voici une suggestion d’un ensemble indivisible de 7 piliers :

1. La description des règles d’accès à la souveraineté et d’une assemblée constituante
2. La conversion au régime présidentiel
3. La mise en place du scrutin proportionnel
4. L’établissement de mécanismes de contre-poids et de stabilité, incluant une charte des droits individuels et collectifs (notamment quant aux langues)
5. La division du territoire en provinces, canton, districts, villes, territoires autochtones dotés de pouvoirs, de responsabilités et de taxation autonomes
6. Une déclaration d’identité (québécité) et de souveraineté (le Québec au sein du monde)
7. Une constitution constatant tout ceci.

Ces 7 piliers ne doivent pas être définis ou rédigés dans le détails mais les principes doivent être clairs et sans équivoque. L’on pourra établir à chaque élection que le processus d’accès à la souveraineté sera enclenché ipso facto si le PQ obtient 50% des suffrages exprimés (l’élection aura alors été référendaire). Dans le cas contraire, si le PQ obtient le pouvoir sans obtenir 50% des suffrages, il devra alors obtenir ce seuil de 50% par voie référendaire. Ainsi, c’est la population qui décidera si elle veut ou non un référendum.

Zach Gebello, 50 ans, St-Andre Avellin
Date: 2007-04-08 à 10:19

Bravo M. Lemire!

La Suisse reconnaît ses peuples fondateurs, et les cantons, autonomes, de cette confédération sont partagés selon ces peuples fondateurs: Allemands, Français, Italiens, Romanches.

Limmigrant doit intégrer l'un d'eux ou demeurer un "temporaire". Un seuil d'immigration est respecté pour assurer l'intégrité des peuples fondateurs.

Comment peut'on promouvoir l'indépendance chez nos peuples qu'on ne reconnaît même pas? Pire; qu'on répudie! Et à qui nous invitons de se répudier eux-mêmes tout en s'accommodant aux cultures des immigrants!

Des régions (cantons) qu'on maintiens sous une domination centralisatrice (montréalisation).

Comment faire la promotion d'une indépendance qui n'est qu'une copie conforme à ce Canada centralisateur, dénaturé, qu'on veux nous faire quitter?

, ans,
Date: 2007-04-08 à 14:52

J'ai beaucoup d'estime pour la réflexion sans complaisance que fait Monsieur Bernard. Ses conclusions demandent du courage pour un homme qui a fait carrière dans les hautes sphères du pouvoir provincial. Car il y a dans les propositions que formulent aujourd'hui Louis Bernard une forme de remise en question du bilan «officiel» du Parti Québécois. Les propositions de M. Bernard conduisent à ré-évaluer les «gains» et la «avancées» faits par le Québec lors des séjours répétés du PQ au pouvoir. Il faudra bien admettre que les gains obtenus n'auront été que bien relatifs puisqu'ils se situent dans une tendance de recul global que le PQ - comme gouvernement provincial - n'avait pas le pouvoir de freiner.

Plusieurs ont relevé ici et sur le site Vigile depuis quelques jours la contradiction fondamentale qui existe entre la recherche et l'exercice du pouvoir provincial dans le cadre du statu quo fédéral et l'objectif de l'indépendance. Le fait est que le Parti québécois est largement et majoritairement domestiqué. Le re-positionnement réclamé par M. Bernard risque de prendre les allures d'une petite révolution. Le premier rempart contre la mise à l'ordre du jour de l'indéopendance viendra des membres et des dirigeants du Parti Québécois lui-même.

Pour que le combat pour l'indépendance triomphe au sein des souverainistes, il faudra faire preuve de beaucoup de patience et de diplomatie. Car l'indépendance est d'abord un combat à livrer pour convaincre en profondeur et durablement nos concitoyens de sa nécessité, ce qui ne fut pas le cas lors des deux référendums. La souveraineté est de nos jours présentée comme un objectif lointain, un idéal. Il faut convaincre nos concitoyens que l'indépendance n'est pas facultative mais indispensabble. Comme l'histoire du PQ l'a illustré jusqu'à présent, il sera toujours impossible de partager largement cette conviction sans refuser de pratiquer la politique dans les formes qui maintiennent notre subordinbation.

Je partage l'avis de M. Bernard qu'il faut illustrer concrètement les avantages d'être un pays indépendant dans tous les domaines. Il faut le faire aussi en collant parfois sur l'actualité et d'autres fois en prenant une ceratine distance. Il faut le faire pour illustrer d'abord le manque de pouvoir dont souffre le Québec, donner des exemples de ce que nous pourrions faire si nous étions maîtres chez-nous, en prenant garde de ne pas sombrer dans la défense d'un programme politique post-indépendance qui ne ferint que diviser la nation sur des lignes d'affinités sociales de droite et de gauche. Les partis politiques élus du Québec libre exécuteroint bien en leur temps les mandats qui leur seront confiés démocratiquement. Pour l'heure, l'urgence consiste à s'unir largement, toutes tendances politiques réunies, pour l'indépendance. Pour y arriver, il faut illustrer notre dépendance, notre manque de moyens, notre pauvreté dans l'ordre du politique. Car il s'agit bien d'une forme de pauvreté pour un peuple que de ne pas être maître de son destin. C'est, si je comprends bien Louis Bernard, l'essentiel de notre combat de mettre fin à cette pauvreté séculaire.

RÉPONSE DE LOUIS BERNARD
Date: 2007-04-08 à 15:31

Juste un mot pour poursuivre le dialogue.

Je suis bien d'accord que l'argumentaire que j'ai proposé comme exemple du discours que devrait tenir le PQ n'est pas nouveau et qu'on peut en trouver de multiples exemples dans le passé, surtout lointain. Il s'agit de rependre cet argumentaire en l'adaptant à la situation d'aujourd'hui.

J'aime l'idée que cet argumentaire puisse également être décliné par la négative en montrantles effets néfastes de la dépendance aussi bien que les avantages de l'indépendance.

Je partage évidemment l'idée que le message du PQ doit mettre l'accent sur l'identité québécoise et qu'il doit continuer à développer ses réponses aux objections qui sont faites à l'encontre de la souveraineté.

Par contre, je ne suis pas d'accord avec l'idée qu'il faudrait définir dès maintenant les grandes lignes de ce que serait un Québec souverain. Cela ne pourra se faire qu'après l'indépendance car c'est une oeuvre qui exige la participation de tous les citoyens. Or, avant l'indépendance, il sera impossible d'obtenir la participation des fédéralistes qui verraient dans cette opération un moyen de faire avancer l'option souverainiste. La participation de ces citoyens ne sera possible qu'une fois que le Québec sera devenu un pays indépendant.

, ans,
Date: 2007-04-09 à 12:03

"Par contre, je ne suis pas d'accord avec l'idée qu'il faudrait définir dès maintenant les grandes lignes de ce que serait un Québec souverain. Cela ne pourra se faire qu'après l'indépendance car c'est une oeuvre qui exige la participation de tous les citoyens." (Louis Bernard)

C'est précisément cette participation qu'il faut encourager. On apprend à nager en nageant. On se reconnaît en se regardant dans le miroir.

"Or, avant l'indépendance, il sera impossible d'obtenir la participation des fédéralistes qui verraient dans cette opération un moyen de faire avancer l'option souverainiste." (Louis Bernard)

Est-ce que l'option souverainiste du PQ et des souverainistes est devenue un secret?
Comment concevoir un seul instant qu'une partie de la population refuserait de participer à un projet qui les concerne aussi personnellement que collectivement? N'est-ce pas celà le coeur du projet lui-même?

"La participation de ces citoyens ne sera possible qu'une fois que le Québec sera devenu un pays indépendant."(Louis Bernard)

Pour que vous affirmiez ceci, avec autant de certitude, suggère fortement que vous avez déjà une vision bien précise du Québec d'après et que celui-ci est absolument incompatible avec c'elle de ces Québécois.

Or, cette fraction de fédéralistes canadians endurcis n'est pas capitale pour une majorité en faveur d'un projet représentatif de tous les autres qui s'identifient au Québec.

Ainsi, s'interdire de développer un projet rassembleur et participatif pour et avec tous les autres, par crainte de se mettre à dos ces fédéralites déjà irrécupérables et à dos, ne peut suggérer rien d'autre que votre vision déjà établie doit être incompatible avec un bien plus grand nombre de Québécois que ces fédéralistes endurcis.

Ce pays doit être bâti dans le coeur d'une majorité de Québécois avant de poser la première pierre angulaire. Si vous ne pouvez et ne voulez pas partager votre vision, comment espérez vous convaincre le peuple de vous suivre aveuglément, en leur cachant votre plan?

C'est la pire des stratégies.

Zach Gebello, 50 ans, St-Andre Avellin
Date: 2007-04-09 à 12:08

...c'est la pire des stratégies.

Zach Gebello

, ans,
Date: 2007-04-09 à 13:31

L'argumentaire indépendantiste doit demeurer concrêt mais il doit aussi sortir du cadre de l'utilitarisme débilitant pour mettre en évidence la nature existentielle du projet de pays pour le peuple québécois. L'indépendance c'est la liberté, et celle-ci, tant au point de vue individuel que collectif, fait la différence entre la vie et la survie.
Au cours des dernières années, on s'est tellement évertué à expliquer pourquoi on devrait faire l'indépendance qu'on a arrêté de dire ce qu'elle était profondément.
L'indépendance est plus qu'un moyen pour régler des problèmes, c'est un besoin à combler afin d'exister pleinement, pour passer de l'état de survie du sujet vassalisé à celui de citoyen libre.
Il faut sortir des équations comptables et remettre de la passion dans ce projet.

Concernant le texte de la semiane passée, je suis tout à fait d'accord pour recentrer le PQ sur la souveraineté et dire: "Si vous ne voulez pas de la souveraineté, ne votez pas pour le PQ".
Cependant, cette orientation clairement affirmée, je ne vois pas pourquoi il faudrait tenir un référendum à la suite d'une élection majoritaire gagnante. Il semble tout à fait redondant, ce n'est pas comme si le PQ demandait un mandat de gouvernance comme ce fut le cas jusqu'à mainentnant.
Finalement, je pense qu'il est irresponsable pour les indépendantistes de jouer le tout pour le tout en proposant de démissioner advenant une victoire non majoritaire. Le pouvoir a permis au PQ de réaliser de grandes choses et, malgré tout, de faire avancer la cause nationale. Il faut savoir faire preuve de pragmatisme et proposer un plan B crédible qui permettra aux indépendantistes d'accéder au pouvoir et de faire avancer le Québec malgré un mandat minoritaire.

Zach Gebello, 50 ans, St-Andre Avellin
Date: 2007-04-12 à 21:13

M. Bernard, n'est'il pas le temps pour le PQ de cesser d'attaquer les innitiatives des fédéralistes, et plutôt le temps pour le PQ d'innitier lui-même et laisser à l'autre de le contester?

N'avez-vous donc rien d'assez solide à mettre sur la table?

Même pas une première main?

Vous voulez des conseils?


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