Pour un PQ souverainiste
02 avril 2007
Il est essentiel à la survie même du Parti Québécois que celui-ci fasse, dans un avenir rapproché et d'une manière approfondie, un réexamen de son positionnement politique à la lumière du résultat des dernières élections.

Le positionnement politique actuel du Parti Québécois repose sur la combinaison de deux éléments : la réalisation de la souveraineté et la mise en oeuvre d'un programme de gouvernement axé sur la social-démocratie. Lors de son dernier Congrès, à la suite de « la saison des idées », un compromis a été conclu entre les deux tendances qui dominent les différentes instances du PQ en vertu duquel les « progressistes » ont obtenu une radicalisation vers la gauche du programme de gouvernement tandis que les « purs et durs » obtenaient la promesse de tenir un référendum sur la souveraineté le plus tôt possible au cours du prochain mandat.

Le résultat des dernières élections montre les limites d'un tel positionnement. L'accent mis sur la social-démocratie ne répond pas aux attentes de cette partie de la population qui se situe soit au centre, soit à droite. Et la perspective d'un référendum hâtif fait peur à beaucoup de gens qui, bien qu'ils soient favorables à l'indépendance, ne veulent surtout pas prendre le risque d'un troisième échec. De sorte que le PQ ne peut pas faire le plein de tous les votes qui, normalement, devraient lui être acquis.

Pour se repositionner vraiment, le PQ, à mon avis, ne peut éviter de faire un choix fondamental : soit mettre en sourdine le projet de souveraineté au profit d'un programme renouvelé de gouvernement ou, au contraire, mettre en veilleuse le programme de gouvernement au profit de la question nationale. Dans les circonstances actuelles, essayer de continuer à combiner les deux ne mène nulle part.

Pour ma part, je propose que le Parti Québécois se repositionne non seulement en mettant clairement la souveraineté au centre de son programme et en orientant dorénavant toute son action vers la promotion et la préparation de la souveraineté, mais également en se refusant d'avance et explicitement à gouverner le Québec-province. Pour que cela soit bien clair, le PQ, d'une part, demanderait aux électeurs de ne pas voter pour lui s'ils ne sont pas prêts à faire l'indépendance et, d'autre part, promettrait de tenir un référendum immédiatement après son élection sur la question suivante : « Acceptez-vous que le Québec devienne un pays souverain et indépendant ? Oui ou Non. ». Advenant que ce référendum soit perdu, le PQ s'engagerait à démissionner immédiatement, se refusant à gouverner le Québec-province.

Un tel repositionnement aura, à mon avis, plusieurs avantages, dont le principal est celui de la clarté démocratique en séparant nettement la question de la souveraineté de celle du bon gouvernement.

De cette façon, tous ceux qui sont favorables à la souveraineté pourront voter pour le Parti Québécois, quelle que soit leur orientation politique de droite, de gauche ou de centre. Car, en votant pour le Parti Québécois, on ne votera que pour l'indépendance puisque le seul mandat demandé par le PQ sera celui de mettre en oeuvre le chapitre de son programme portant sur la souveraineté, les autres chapitres ne servant qu'à orienter les prises de position du PQ si celui-ci, n'ayant pas gagné les élections, siégeait dans l'Opposition.

Je propose enfin que le PQ précise le plus explicitement possible dans son programme la manière dont se fera la souveraineté, afin que la population ait l'assurance que la transition pourra se faire correctement. Il faudra dire clairement qu'après un référendum gagnant, le Québec ne deviendra pas souverain instantanément, du jour au lendemain, mais qu'au contraire il y aura une période de négociation avec le reste du Canada (à laquelle celui-ci est d'ailleurs contraint par la Cour suprême) pour assurer une accession ordonnée à la souveraineté. C'est ainsi que la continuité des services qui sont actuellement dispensés par le gouvernement fédéral pourra être garantie et la reconnaissance internationale du Québec assurée. Quant aux modalités de cette négociation, il faudra bien sûr les préciser, mais on en retrouve déjà les principaux éléments dans le projet de loi sur la souveraineté du Québec déposé à l'Assemblée nationale par M. Jacques Parizeau dans le cadre du référendum de 1995.

Une telle façon de procéder règlerait également certains problèmes accessoires, mais importants, qui ont toujours encombré le débat, comme la date du référendum ou le texte de la question référendaire. Le référendum aura lieu quand les électeurs eux-mêmes auront dit, en élisant le PQ souverainiste, qu'ils sont prêts à le tenir. Elle devrait également réconcilier les tenants du référendum et ceux qui préconisent plutôt une élection référendaire puisqu'elle propose la tenue d'une élection pré-référendaire, suivie immédiatement d'un référendum.

Une fois élu, le PQ aura comme seul mandat de mener le Québec à son indépendance. Il devra, évidemment, continuer à administrer le Québec pour assurer la continuité des affaires, mais il mettra toutes ses énergies à organiser et à gagner le référendum. Et ensuite, à négocier les modalités de l'accession du Québec à l'indépendance, puis à mettre en place des principales institutions d'un Québec souverain, y compris la nécessaire décentralisation des pouvoirs en faveur des régions. Cela occupera l'essentiel de son mandat.

Évidemment, une fois la souveraineté faite, le Parti québécois se donnera un programme de gouvernement afin de le proposer aux électeurs lors de la première élection générale qui suivra l'indépendance. Mais il faut souligner qu'il en sera largement de même pour tous les autres partis puisque le Québec aura alors acquis de nouvelles responsabilités sur lesquelles les programmes actuels de tous les partis sont muets : droit criminel, aide internationale, défense, transport, etc.

Personnellement, je suis convaincu que le développement de la nation québécoise exige qu'elle devienne pleinement responsable d'elle-même afin de pouvoir aller au bout de ses potentialités. Le grand projet de société dont on parle tant, c'est précisément celui de se donner un pays - un pays que nous pourrons ensuite construire à notre goût suivant ce que nous déciderons démocratiquement d'en faire. Car si le Québec choisit de devenir indépendant, ce sera pour devenir responsable de lui-même et maître de ses choix, contrôler l'ensemble de ses moyens et parler en son propre nom aux autres nations - et non pour régler les problèmes du fédéralisme, raccourcir les listes d'attentes dans les hôpitaux ou geler les frais de scolarité universitaires.

Le Parti Québécois a été créé, d'abord et avant tout, pour faire l'indépendance du Québec. Plus qu'un simple parti politique, il a également été conçu comme un mouvement d'éducation politique pour faire la promotion de la souveraineté comme instrument d'épanouissement de la nation québécoise. Ayant été appelé par les circonstances à gouverner le Québec, il a développé un programme politique de gouvernement qui, avec le temps, a pris le pas sur son objectif fondamental. Le temps est venu de revenir à l'essentiel. Le Québec d'aujourd'hui n'a pas besoin d'un PQ qui ne serait qu'un autre parti de centre ou de gauche, il a besoin d'un parti souverainiste dont la tâche première sera de le conduire à sa pleine maturité politique.

Texte publié dans La Presse du 3 avril 2007.

Inscrivez-vous pour réagir à ce texte!
nom d'utilisateur: mot de passe:
Cliquez ici pour vous inscrire sur le site

, ans,
Date: 2007-04-02 à 18:46

Bonsoir a vous Monsieur Bernard

Eh bien, je reconnais bien en vous l'homme droit, honnete que vous etes. Mais Monsieur Bernard, je ne comprends pas, car tous les gens a qui j'ai parlé avant cette élection ne veulent pas de référendum ni meme la séparation. Et croyez moi il y en a beaucoup. N'est ce pas mettre fin au
Parti Québécois que de faire ce que vous proposer?

Je le veux tellement ce pays, expliquer moi s.v.p.

Bien respectueusement

Louise Poirier

Mathieu Gerbeau, 20 ans, Qu?©bec
Date: 2007-04-02 à 20:28

Bonjour M.Bernard, je suis étudiant en science politique et j'ai un grand respect envers vous.
Compte tenu que l'idée d'indépendance vient d'être mise de côté lors des dernières élections, quels arguments, selon vous, seraient des plus convainquants pour reconquérir l'électorat de réaliser notre beau projet collectif de l'indépendance? Les arguments de types économiques ou les arguments de types culturels? Selon moi, il est clair que la société québécoise est en recherche d'identité nationale et je crois que développer les arguments de types culturels seraient plus gagnants. Mais comment redonner second souffle à ces arguments culturels? J'aimerais avoir votre avis.

Merci

Mathieu Gerbeau

Yvan Bolduc, 48 ans, Montr?©al
Date: 2007-04-02 à 20:37

Monsieur Bernard,

Si votre discours ne fait pas de sens pour certains et semble incompréhensible pour d'autres, et bien moi, il me touche au plus profond de ma fibre indépendantiste.

Je crois franchement, que bien que le PQ a gouverné de grande façon dans le passé, le temps est de remettre les priorités à la bonne place. Comme on le voit, tout le monde semble apte à gouverner comme il le peut dans un Québec "fédéral", mais où va-t-on comme ça? Je crois qu'il faut se décider une fois pour toutes et il n'y a rien comme une bonne question claire et un processus sans équivoque pour assainir le débat et le rendre le plus compréhensible pour tous.

Face au passé, au présent et à notre avenir, le PQ n'a qu'une responsabilité, donner le choix de la souveraineté le plus clairement possible. C'est aussi, à mon sens, le plus honnête mandat et la meilleure façon de bâtir ce pays!

J'ajouterais que cette opinion est partagée par bon nombre de mes amis et collègues.

Yvan Bolduc

Myriam Marois, 46 ans, Alma
Date: 2007-04-02 à 20:44

Oui, je suis d'accord avec votre idée. Le temps est venu de montrer au grand jour la souveraineté. Même si nous perdons des plumes, ce beau projet finira par convaincre les Québécois. Sûrement moins de temps qu'à jouer comme on l'a toujours fait soit en ayant un parti au pouvoir qui essaie de bien faire pour la faire passer alors que la souveraineté une fois rendue claire saura bien se faire passer elle-même dans le coeur des Québécois. De toute façon elle est en otage par un parti politique. Ce serait sûrement intéressant de pouvoir en discuter librement sur les tribunes (la décortiquer, donner l'information, l'argumenter, parlez en bien parlez en mal mais parlez en)

Le parti politique c'est le ricochet pour accéder
à la souveraineté alors que cibler directement la cible c'est y aller de façon claire. Le temps jouera sûrement car les Québécois la comprendront mieux...

Donc, si le PQ reste dans l'opposition il faut absolument qu'il travaille les dossiers de la souveraineté pour informer les Québécois. Il faut qu'il indique que si il perd et qu'il est dans l'opposition il aura comme priorité la souveraineté. Il faut aussi que le Bloc s'unisse avec lui pour cette priorité soit en étant dissout du fédéral ou bien en indiquant clairement lors d'élection qu'il aura la priorité la souveraineté.

Merci de m'avoir lu.

, ans,
Date: 2007-04-02 à 23:07

Bonsoir M. Bernard

Je suis d'accord avec votre analyse quant à l'existence des deux tendances au sein du PQ. Personnellement, je crois qu'il reste une majorité de québécois favorable à l'indépendance, que ce soit à court ou long terme. Par contre, la social-démocratie en a pris pour son rhume dans les dernières années. On a l'impression que ses mesures n'ont servi qu'à créer une fonction publique bien grasse qui n'a plus qu'un intérêt: protéger les acquis. C'est cette social-démocratie que les québécois ont rejeté en bloc le 26 mars. Ils en ont marre des bonis aux employés et administrateurs de la SAQ et d'Hydro-Québec. C'est cette veine qu'a su exploiter Mario Dumond. Le problème que vit le PQ, c'est d'avoir voulu gérer un pays avant même de l'avoir créé. Faire l'indépendance, c'est là sa seule mission. De longue date, les socialistes ont été à la remorque de cette idée. Il est plus que temps de laisser ce fardeau imploser dans ses propres défaites en emportant avec lui ses fantômes en chaise berçante.

, ans,
Date: 2007-04-03 à 8:03

Une idéologie qui ne réalise pas se radicalise généralement pour finalement disparaître. Observez l'histoire politique du monde. L'option souverainiste québécoise ne fera sans doute pas exception.

Zach Gebello, 50 ans, St-Andre Avellin
Date: 2007-04-03 à 11:15

Le PQ doit se débarasser de ses dinosaures.
Pas étonnant que le fromage PQ est passé du bleu au vert!

On est à la veille de voir les larves apparaître.

Jean-Fran?ßois Boucher, 52 ans, Chicoutimi
Date: 2007-04-03 à 11:19

Je suis tout à fait d'accord avec M. Louis Bernard. Je vote PQ (J'ai toujours voté PQ) pas pour qu'il fasse un référendum, mais pour qu'il fasse l'indépendance.

Si, pendant la campagne électorale, le PQ avait expliquer comment nous pourrions vivre dans un Québec indépendant, au lieu de nous dire comment le PQ allait gouverner comme les autres partis, nous pourrions aujourd'hui savoir comment il y a de souverainistes au Québec.

Que les élus profitent de leur tribune pour présenter une budget réaliste. Que ferait un Québec indépendant avec la police, l'armée, l'éducation, la santé, les pensions de retraite etc...

Je pense que les dirigeants du PQ ne se font élire que pour détenir un certain pouvoir. Ensuite, ils essaient de sauver leur job...

Jean-François Boucher
Chicoutimi

Jean-Roch Villemaire, 24 ans, Gatineau
Date: 2007-04-03 à 12:23

Bravo monsieur Bernard! Je souscris à votre analyse. Le Parti Québécois doit être ce lieu de rassemblement de tous les souverainistes et à la prochaine élection, il faut donc demander aux Québécois un mandat clair pour sortir le Québec du Canada!

Jean-Roch Villemaire, Gatineau

, ans,
Date: 2007-04-03 à 12:32

Bonjour monsieur Bernard! Je suis très heureux de lire que, des deux options que le Parti Québécois pouvait choisir, vous avez choisi sa véritable raison d'être, la réalisation de l'indépendance du Québec, point!

Dans cette optique, pourquoi alors promettre un référendum alors que, dès l'élection, on met les électeurs devant le choix d'élire un véritable gouvernement national ou, à défaut, choisir les autres partis et le fédéralisme? Votre proposition n'est-elle pas ce que le PQ vient de proposer à la population, la seule différence étant qu'André Boisclair avait l'avantage de chercher à conforter la population (répétition de l'erreur de René Lévesque en 1980 et de Bernard Landry en 2003) en l'assurant de gouverner du mieux qu'il peut, advenant un nouveau NON, en attendant un nouveau référendum-revanche?

Quelle serait la valeur ajoutée d'un tel référendum avec un message aussi clair dès l'élection? Croyez-vous que le cerveau de Stephen Harper se métamorphosera en celui de Jean Lafleur et qu'il "oublira" son arme stratégique, la loi C-20 qui lui permettra de placer la barre pour un OUI au-dessus des résultats les plus fous des sondages (70%) à la "question fourre-tout" de 1995 et de soumettre le résultat (très hypothétique et surtout surréaliste!) à l'unanimité des provinces, des territoires et des Premières Nations - ces dernières n'ayant elles-mêmes jamais été respectées pour ce qu'elles sont?

Suite au coup de force de 1982, l'imposition de la camisole de force de Stéphane Dion et l'impuissance du DGE contre le camp fédéraliste, même si l'enquête sur Option Canada les éclaboussait, il est clair qu'il n'y aura pas de négociation civilisée comme dans le cas de la Serbie et du Monténégro l'an dernier. Stephen Harper, Stéphane Dion et le Canada anglais ont clairement signifié leur refus de négocier avec un gouvernement indépendantiste. Que le résultat soit signifié par un référendum (qu'ils ne tarderaient pas à "mettre en boîte" selon LEUR règlement C-20) ou une élection, le peuple du Québec, s'il veut vraiment faire l'indépendance, devra le signifier en REJETANT DÉLIBÉRÉMENT ET SANS AMBIGUÏTÉ l'ordre que l'ennemi fédéraliste veut lui imposer. La manière la plus civilisée et respectueuse envers la démocratie serait par l'élection (évidemment, en proposant AVANT celle-ci la constitution, les lois et les institutions politiques qui prendraient le relais au pouvoir fédéral), puisque, de toute façon, c'est de cette manière que le Québec a intégré la Confédération en 1867. À moins de trafiquer le système électoral pour rendre impossible l'élection d'un tel gouvernement national, les fédéralistes seraient bien mal placés pour nous faire la leçon en fait de décision démocratique. Qu'il suffise de citer les gouvernements libéraux majoritaires de Trudeau et Chrétien qui ne ralliaient pourtant à peine que 40% des suffrages exprimés.

Quel que soit le processus retenu, l'attitude des fédéralistes canadiens impose que nous sollicitions l'implication du Droit international et de l'ONU si nous voulons éviter d'autres malversations du camp fédéraliste. Comme le veut l'adage: "le plus tôt est le mieux"!

, ans,
Date: 2007-04-03 à 16:23

Éric Tremblay, 34 ans, Montréal

LE PQ DOIT SE RECENTRER SUR L’INDÉPENDANCE OU MOURIR


Si le Parti Québécois ne recentre pas son discours sur la nécessité de réaliser l’indépendance du Québec pour le développement optimal de notre nation française tout en préparant et présentant un programme de pays détaillé lors des prochaines élections, alors il ne pourra que se marginaliser, puis finalement disparaître du paysage politique.

En désirant mettre l’idéal indépendantiste sur la glace au prétexte que les citoyens ne désirent pas de référendum, le PQ commettrait la plus grave erreur de son histoire. La raison d’être de ce parti consiste en la réalisation de l’indépendance du Québec. Sans ce projet, le PQ ne pourra jamais gagner une élection. Tenter de repositionner le parti sur l’axe gauche-droite n’y changera rien. Si le PQ se positionne trop à droite, il perd les militants de gauche. S’il se positionne trop à gauche, il perd les militants de droite. La seule raison qui rassemble les militants du PQ, c’est l’indépendance du Québec. Le seul élément fédérateur du PQ est l’objectif de faire du Québec un pays.

Ce constat se veut d’autant plus juste, que malgré la déconfiture du PQ, les Québécois appuient toujours la création du pays à hauteur de 45% toutes allégeances gauche-droite confondues. Si le PQ n’a récolté que 28% des votes le 26 mars dernier, c’est que depuis le vol de 1995, ce parti s’est non seulement éloigné de la promotion de la nécessité de l’indépendance nationale, mais s’est embourbé dans le dogme référendaire et entêté à proposer un programme de gestion provinciale.

Les Bouchard, Landry et maintenant Boisclair n’ont absolument rien fait pour convaincre les Québécois de la nécessité de réaliser l’indépendance. Depuis quand parler de référendum équivaut à la promotion du projet indépendantiste? Pire, les indépendantistes, devant le manque flagrant de leadership de leurs chefs successifs depuis la démission de Parizeau, se sont progressivement découragés au point de s’abstenir de voter ou de signifier leur ras-le-bol en votant pour d’autres partis.

À cet effet, les résultats de l’élection de 2003 auraient dû servir d’avertissement. Mais non, le PQ a continué à faire comme si rien ne s’était produit. Le parti est demeuré aveugle à la désaffection grandissante des indépendantistes. Plutôt que de tirer les conclusions qui s’imposaient, Landry lance la saison des idées tout en sachant qu’il ne dérogerait jamais du dogme référendaire. Résultats? Le parti s’engage à tenir un référendum le plus tôt possible à l’intérieur du prochain mandat sans développer et mettre en œuvre un programme de pays, puis Landry démissionne sur un coup de tête. Boisclair lui succède, mais l’orientation politique et la stratégie d’accession à l’indépendance ne sont pas modifiées. Le nouveau chef perpétue la confusion référendum - pédagogie de l’indépendance.

Sans véritable promotion indépendantiste depuis l’automne 2005, sans programme de pays à proposer à la population, sans discours identitaire axé sur la défense de notre langue française et notre culture propre, le PQ et son chef ont lamentablement échoué. Plus de la moitié des indépendantistes, compte tenu du taux élevé d’abstention (vote réel du PQ = 20,2%), a refusé d’appuyer le PQ sclérosé et son chef timoré.

Le PQ saura-t-il enfin tirer les bonnes conclusions?

L’intervention de Louis Bernard tombe à point. Bien que croyant qu’une élection référendaire soit suffisante à la déclaration d’indépendance, je partage l’ensemble de l’analyse de ce grand personnage. Le PQ doit se concentrer dès maintenant à la promotion et la préparation de l’indépendance du Québec. S’il ne se consacre pas entièrement à cette tâche, le reste des indépendantistes le délaisseront au profit d’autres partis reflétant davantage leurs préoccupations matérielles. Aux prochaines élections, le parti doit se présenter devant les citoyens avec un programme de pays, seul projet de société pouvant lui permettre de reprendre le pouvoir et enfin réaliser l’indépendance du Québec. S’il ne le fait pas, il mourra.

Éric Tremblay, avocat

Jean-Philippe (Averlok) Dumont, 29 ans, St-Anaclet
Date: 2007-04-03 à 18:12

Votre position est vraiment, à mon avis, la voie que devrait utiliser le PQ. Tant que le PQ va devoir mettre autant (sinon plus) d’effort sur la gouvernance que pour la cause souverainiste, ça n’avancera pas.

De plus, l’article un du programme du parti, qui est la souveraineté du Québec, est une idéologie autant de droite que de gauche, qui peut attirer des personnes de tous les types, ce qui devrait faire en sorte que le plus de gens possible de ralient au parti mais si le parti s’entête à pencher d’un bord ou de l’autre de la balance idéologique, il va toujours toujours courrir le risque de perdre 50% des appuis qui ne sont pas du même bord de la balance….

Ce qui est important de faire ressortir, c'est que personnes sont souverainistes sans toutefois adhérer à toutes les valeurs du PQ et que advenant le cas ou le Québec obtient le statut de Pays, ces personnes vont pouvoir, par la suite, se ralier soit à un autres des anciens parties ou encore en former de nouveaux.

, ans,
Date: 2007-04-03 à 18:45

Monsieur Bernard, je crois que vous avez tout à fait raison.
Si la devise du Québec "Je me souviens" veut encore dire quelque chose, rappelons-nous le référendum de 1980 et de la phrase célèbre de René Lévesque ''À la prochaine''. Essayons de s'imaginer qu'au lendemain de ce référendum de 1980 monsieur Lévesque et son équipe aient démissionné comme gouvernement ( ce qui aurait été honnête à mon point de vue) prétextant qu'ils leurs étaient impossible de diriger valablement cette province dans un cadre fédéral. Les Ryan, Bourassa auraient pris la suite et c'est eux qui auraient eu à gérer la première crise économique en 1982, la situation des hôpitaux et du milieu scolaire, problèmes qui perdurent encore aujourd'hui.

Dès le départ, si le parti Québécois avait choisi la stratégie que vous proposez au lieu de persister à être un bon gouvernement dans un cadre fédéral durant toutes ses années au pouvoir, Dieu sait qu'il n'a pas réussi pleinement, la preuve se trouve entre autres dans les résultats électoraux de 2003 et 2007, on peut présumer logiquement ce qu'auraient pu être les résultats du référendum de 1995.

Tout est à refaire.
À 98% de la dernière campagne électorale les problèmes de cuisine ont été rebrassés, ces problèmes ont fait l'actualité presque tous les jours au cours des 4 dernières années. Heureusement on a eu droit à quelques échappées concernant un éventuel référendum.
La création de ce PAYS, les possibilités d'AVENIR dans ce pays du Québec, tous éléments porteurs de rêves et de dynamisme, corrigez-moi si je me trompe, mais j'en ai pas entendu parler.


, ans,
Date: 2007-04-04 à 0:57

Monsieur Bernard,

Merci, une fois de plus, de ramener l'ordre et la clarté dans un débat crucial. J'ai toujours été membre du PQ, sauf de 1985 à 1987, pendant l'épisode du "beau risque". Quand le Parti Québécois ne vise plus l'indépendance, il n'a plus de sens.

Nous avons aliéné bien des gens avec nos mesures et propositions de gouvernement provincial, que ce soit avec les fusions municipales, les "subventions aux vacances" de la campagne de 2003, ou le gel des frais de scolarité en 2007. Nous en sommes même à diviser notre parti en chapelles. Tout cela, si l'on y songe, n'est que vétilles en regard de notre objectif premier à tous: l'indépendance du Québec. Il est temps de balayer tout cela, et de cesser de hérisser pour si peu ceux dont nous avons besoin comme alliés.

Vous voyez que je partage votre constat de retour à l'essentiel. Mais je vais plus loin. Afin de marquer absolument que le Parti Québécois n'est pas une simple solution de rechange commode à des libéraux à-plat-ventristes ou à des autonomistes chimériques, je suggère que le Parti annonce lui-même sa propre mort. Que le Parti Québécois, dont le nom même prend son sens à sa volonté de créer le pays des Québécois, inscrive à ses statuts qu'il se dissoudra une fois l'objectif atteint.

Ainsi, il sera clair pour tous qu'un vote pour le Parti Québécois n'est pas un vote habituel de continuité, mais un vote pour une transition majeure, un changement fondamental, une rupture créatrice, et que le pays à créer ne sera pas l'apanage du parti qui l'aura fait naître, mais qu'il sera ce que ses citoyens en feront, librement, démocratiquement, toutes tendances entendues.

La question de l'indépendance précède et domine toutes les autres. Nous devons lui redonner sa prééminence, ainsi qu'aux raisons fondamentales qui la motivent, et cesser de l'encombrer de considérations de pouvoir provincial, de modes passagères ou de futiles projets de société. Une fois le pays né, nous serons trop heureux de nous regrouper selon nos axes naturels, comme tout pays normal, et d'accorder chacun nos faveurs à la santé, à la famille, à l'économie ou à l'environnement. La coalition neutre que doit nécessairement être le Parti Québécois d'ici là pourra alors laisser place aux organes démocratiques que se seront donnés, avec leurs pleins pouvoirs et selon leurs propres valeurs, les nouveaux Québécois.

Nicole H?©bert, 63 ans, Qu?©bec
Date: 2007-04-04 à 14:46

Monsieur Bernard,

Je ne sais si vous avez vraiment raison dans cette proposition. J'écoute les voix divergentes qui se font entendre et qui ne sont pas négligeables. J'essaie d'organiser ma pensée à cet effet et de jauger ma propre opinion... Mais une chose est certaine: vous entendre me fait le plus grand bien! Mon intuition et mon instinct me disent que vous avez raison. Il me semble qu'en vous écoutant, je me redresse; je sens la confiance revenir. Je vois d'abord le respect que vous inspirez. Et je constate le débat que vos propos soulèvent; débat de fond; nécessaire débat et cela me "ravigote". Nous étions en train de faire de l'Indépendance du Québec un sujet "tabou": "Chut! c'est pas l'temps! les voisins ne veulent pas nous entendre! Les Québécois sont tannés! Ils veulent entendre parler de santé, d'argent..." Et l'idée mécanique d'un référendum est devenue un épouvantail à moineaux. Je vous remercie de vos avis clairs et bien appuyés. J'ai aimé, ce matin, à Christiane Charette, vous entendre affirmer que l'on peut dès maintenant parler de la Souverainté du Québec en relation avec tout grand dossier: Éducation, Santé, Culture, Ressources naturelles... L'associer à toutes les questions qui nous concernent. Voilà ce qu'il faut. Démontrer sans relâche que la priorité des priorités nationales, le grand préalable à notre bien-être de peuple, ce n'est pas la Santé, c'est l'Indépendance! Je vous remercie aussi de votre audace et du fait que vous l'affichiez aussi tôt après cette élection dont les résultats nous confrontent tous. Moi, je vois maintenant quatre Québec qui devront enfin se parler et qui le feront si l'on peut poursuivre ce débat, à moins que quelque part on y fasse obstacle. En un sens, les cartes sont peut-être plus claires. On découvre déjà que Mario Dumont - c'est lui qui le dit dans la foulée de votre lettre - ne pensait pas ce qu'il avancait en 95! Il faisait semblant de croire à la souveraineté! Pourquoi ? Pour faire peur aux Fédéralistes ? Il voulait se servir de la même médecine qu'eux? Vive la franchise ! Et la loyauté!
Personnellement, après de grands doutes, je me suis rangée derrière André Boisclair en toute fin de la récente campagne et je lui ai découvert certaines forces qui m'amènent à revenir au PQ, à donner sa chance à ce chef et qui me donnent envie de mettre l'épaule à la roue. Mais je souhaite vivement que vos propos et l' éventualité de votre contribution soutenue soient pris en compte et que l'orientation que vous suggérez soit considérée de façon approfondie. Qu'une consultation soit faite, peut-être, auprès des membres actuels à cet effet.
Merci encore. Votre droiture, votre assurance, votre absence de louvoiement et j'ajouterais votre politesse, sont sans prix dans ce monde politique de calcul, d'évitement, d'omission et de manipulation. Ça nous change!

Zach Gebello, 50 ans, St-Andre Avellin
Date: 2007-04-04 à 14:59

"La grande question posée à l'unanimité par le Québec tout entier à l'hiver 1995 a pourtant été très claire: advenant la souveraineté, comment fonctionnerait le Québec et comment s'organiseraient ses relations avec le reste du Canada?

C'est en silence que le Québec a à nouveau parlé à l'élection du 26 mars 2007. Il a très bien compris que la réponse à sa question ne lui sera jamais donnée par un Parti québécois en déroute qui continue de naviguer à vue dans la brume épaisse, sans instruments de navigation et de mesure des conséquences de ses rêves."

Ronald Carré, Économiste, membre du CA de l'ASDEQ, Québec, 2 avril 2007

texte complet:
http://www.ledevoir.com/2007/04/04/138166.html

, ans,
Date: 2007-04-04 à 20:04

Merci M. Bernard pour ce vent de fraîcheur!

Je travaille comme architecte de systèmes informatiques: nous avons l'habitude de présenter les besoins et les principes de fonctionnement, ensuite émettre des hypothèses et les soumettre à l'évaluation et l'analyse avant de détailler la solution... si possible, la charrue après les boeufs!

Quand les principes sont flous ou inexistants, tout le monde s'obstine sur les choix fonctionnels et technologiques. Quand ils sont clairs, tout coule de source et c'est plus facile: ce qui se conçoit bien s'exprime clairement.

Vous êtes le seul politicien qui dit enfin tout haut ce que je pense tout bas depuis des décennies. On dirait qu'on a été depuis le début dans une course à qui sera le premier chef du PQ à passer à l'histoire en rendant le Québec souverain, par suite d'une référendite aigüe. Si le Québec est prêt à faire la souveraineté dans 50 ans, c'est parfait pour moi, même si je ne serai fort probablement plus de ce monde. La cause est plus grande que les individus et l'histoire, elle, a tout son temps et retiendra que le Québec a fini par se brancher.

En attendant, si le PQ ne met pas trop de bruit sur la ligne, les principes et besoins du gros bon sens finiront par émerger et apparaître évidents à la majorité. Pour l'instant, on dirait que le PQ s'applique à tout mélanger, jusqu'à diviser ses propres forces entre la gauche, la droite, le bon gouvernement et le référendum. Ses adversaires ne demandent pas mieux. J'espère donc que votre intervention sonnera la fin de la récréation.

, ans,
Date: 2007-04-04 à 21:46

Vous voulez être sûr que le 3e référendum passe en agissant de la sorte.

Cela ressemble à Jean Lesage lors de la Nationalisation de l'électricité vers 1962. Sauf que lui était au pouvoir et il a gagné son pari. Avouons que cela a été bénéfique pour le Québec. Si vous n'êtes plus au pouvoir, nous risquons de perdre la crédibilité, la confiance ainsi que les moyens pour promouvoir la souveraineté.

Le Fédéralisme ne fonctionne pas depuis le début.
Les autonomistes de l'ADQ réaliserons qu'ils seront aussi autonome que ce que le fédéral lui concédera. Je vois d'un bon oeil l'arrivé de l'ADQ.

J'ai l'impression que la souveraineté arrivera uniquement après que les autonomistes n'auront pas réussi à obtenir quoi que ce soit de plus.

C'est alors que la souveraineté deviendra l'option finale. C'est un comportement typiquement québécois. Comme un vieux couple, nous voulons tout essayer avant de se séparer. Nous aurons tenter toute les possibilités. Tant que les québécois n'aurons pas été jusqu'au bout, nous ne serons pas capable d'y arriver.

Une chose est certaine, les gens ont peur du changement. C'est pourquoi le PQ doit être encore plus le mouvement d’éducation politique pour faire la promotion de la souveraineté.

Qu'elle sera le budget de l'an 1? M.Legault a travaillé là-dessus.
Ou sont ces documents?
Il faut vendre la souveraineté comme on vend des REER. Il faut que les québécois réalisent que c'est important pour notre avenir!

Alex Gratton

La plume souverainiste, 29 ans, Montr?©al
Date: 2007-04-05 à 2:27

M. Bernard,

Je suis particulièrement étonnée de lire tous ces appuis sur votre blogue. Peut-être les dissidents n'osent-ils pas se prononcer ? Il est vrai que nous ne sommes pas au PQ ici ;) Quoique je crois, tout comme vous, que le Parti québécois doive redéfinir son positionnement, mon avis toutefois à ce propos est complètement à l'opposé du vôtre.

Quelle erreur que d'emprunter cette voie. Cette démarche est non seulement risquée, mais d'autant plus non souhaitée de la population. Voilà un geste plutôt désespéré, et je ne crois sincèrement pas que nous en sommes rendus là.

Si le Parti québécois adhère à cette idée, soyez assuré que je déchire ma carte de membre. Pareille approche radicale me désole profondément.

Michel Pr?©vost, 53 ans, Montr?©al
Date: 2007-04-05 à 11:34

Tout d'abord, merci Monsieur Bernard d'avoir pris la parole sur la place publique et d'avoir relancer la discussion sur l'article 1 du Parti Québécois.

Jamais le PQ n'avait eu une position aussi claire et aussi "radicale" sur la souveraineté dans une campagne électorale. Et jamais non plus, depuis plus d'un tiers de siècle, ses résultats n'ont été aussi pittoyables. À mon avis, radicaliser davantage sa position quant à l'article 1. ne pourrait que lui être néfaste. La plus grave erreur est d'avoir mis l'accent sur "le plus tôt possible". Cela a effrayé les gens qui ne veulent pas perdre un troisième référendum. Qui pourrait les en blâmer? "Dans un premier mandat, après avoir expliquer aux gens et les avoir écouter", oui. Cela peut vouloir dire quatre ans après la prise du pouvoir. Le plus tôt possible, les gens peuvent penser "dans moins d'un an"...!

Traditionnellement, le PQ est le seul parti politique à occuper le créneau qu'il occupe: Souveraineté, centre gauche, gouvernements très performants. Toucher à l'une ou l'autre de ces traditions, soit pour aller dans le sens d'une quelconque vague de droite, soit pour essayer de charmer une partie de l'électorat, ne serait que répondre à un opportunisme sans vision.

L'Histoire, comme vous le savez, est faite de ces mouvements de pendule et de retours de balancier. Et advenant l'arrivée prochaine d'un gouvernement conservateur majoritaire au Canada, il se pourrait fort bien que le balancier revienne sur le Québec à toute vitesse. Il faudrait être prêts. Rester bien campés sur ce qui a traditionnellement fait la force de ce grand parti et laisser aux autres partis le soin d'effectuer les pirouettes accrobatiques qui caractérisent les girouettes.

Thierry L?©vesque, 45 ans, Montr?©al
Date: 2007-04-06 à 2:53

À "La plume souverainiste",

La dissidence peut être constructive, mais il faut qu'elle ait des arguments!

Ainsi, le Parti Québécois devrait remiser la souveraineté parce qu'elle serait, selon vous, "non souhaitée par la population". Nous devrions faire semblant de ne plus croire à la souveraineté, qui est pourtant la raison d'être du parti, la source même de son nom, et attendre sagement qu'elle renaisse miraculeusement de ses cendres. Voilà une attitude honnête et courageuse!

Vous semblez faire un lien direct entre les 28 % de votes du PQ le 26 mars et le désir de souveraineté. Pourtant, les sondages le placent plus haut, jusqu'à 45 %. D'où vient ce décalage? Il est évident: ce n'est pas contre la souveraineté que les gens ont voté, mais contre le PQ! Et pourquoi? Parce qu'à force d'essayer de moyenner dans le système fédéral, il finit par être plus logique d'élire un parti qui y croit et qui obtient quelques miettes qu'un parti qui y joue de mauvaise foi et qui ne peut qu'y perdre!

Parce que nous avons accepté de jouer le jeu provincial, de gérer la misère en dénonçant mièvrement le carcan fédéral qui la cause, nous avons fini par être associés à ce style de gouvernement, à ces compromis glauques, à la faiblesse chronique. La souveraineté est amalgamée dans l'esprit des gens à une certaine gestion "péquiste", à un "centre gauche mou", à la plaignardise perpétuelle contre Ottawa. Nous devons la débarrasser de cette gangue, et lui redonner sa clarté première, son impulsion libératrice.

Nous ne devons pas défendre la souveraineté seulement quand le vent souffle du bon côté. Nous ne pouvons pas prétendre qu'elle est secondaire, que nous pouvons nous accommoder de gouverner la province en attendant qu'on nous supplie de créer notre pays, que d'ici là nous allons nous occuper "des vraies affaires". Nous savons que la souveraineté est centrale au progrès réel du Québec, qu'elle est le seul véritable changement, qu'elle seule permettra à notre peuple de façonner sa société conformément à ses valeurs, et de prendre toute la place qu'il mérite et qu'il désire dans le monde. Personne d'autre que le Parti Québécois n'a le courage et le talent de porter ce message haut et clair, dans ses paroles et dans ses actes. Rien d'autre ne justifie l'existence du Parti Québécois.

Si nous décidons que la social-démocratie est plus importante que la souveraineté, que le pouvoir provincial est plus important que l'indépendance, alors il faut être logique et fonder le Parti social-démocrate du Québec. Continuer de défendre à la fois l'idée d'indépendance et l'idéal social-démocrate, situés sur deux plans totalement différents, ne fait que brouiller l'ensemble, rebuter ceux qui n'en peuvent partager que la moitié, et décevoir ceux qui nous voient reculer tantôt sur l'un, tantôt sur l'autre.

Vous appelez cela une approche "radicale". J'y vois plutôt le mérite de la clarté, de la persévérance et de la force. Ce sont des valeurs qui sont chères aux Québécois, et qu'ils finissent souvent par récompenser. Les élections du 26 mars en sont aussi une démonstration.

La plume souverainiste, 29 ans, Montr?©al
Date: 2007-04-17 à 1:51

En réponse à Thierry Lévesque
Je n'ai jamais dit qu'il fallait mettre l'option souverainiste de côté, et que ce projet n'était pas souhaité de la population. Ce que bien des souverainistes ne souhaitent pas, c'est un référendum en toute hâte, un référendum perdant.

Aussi, je ne crois pas que la social-démocratie soit complètement distincte du projet de pays du Québec. Le Québec est beaucoup plus social-démocrate que le reste du Canada; nous le constatons entre autres par nos différences marquées en matière d'environnement, nos mesures sociales, nos opinions nettement plus à gauche au sujet des interventions militaires canadiennes et américaines.


Donnons la parole aux membres
18 juin 2014

L'avenir du Parti Québécois
11 avril 2014

M. Drainville, visez juste !
17 novembre 2012

Le Canada en état de profonde transformation
03 juillet 2012

Une solution honorable
21 avril 2012

Le jour où le Canada s'est fractionné
12 avril 2012

Décès de Maryse Melançon-Bernard
19 mars 2012

Une quasi-gratuité à préserver
06 mars 2012

La question nationale reste au coeur du débat politique
20 février 2012

Démocratie à la canadienne
24 mai 2011

voir tous les textes

DLMMJVS




(archives)
X