|
Voilà qui nous sommes ! 27 décembre 2006
À qui référons-nous quand, voulant désigner la collectivité à laquelle nous appartenons, nous disons : « nous » ?
Le récent débat sur la nation québécoise, qui a culminé lors de l'adoption de résolutions formelles tant par l'Assemblée nationale, il y a déjà quelques années, que plus récemment par la Chambre des communes fédérale reconnaissant que les Québécois forment une nation, est venu donner une réponse définitive à cette question. C'est-là d'ailleurs son principal mérite. En disant « nous », il est maintenant clair que nous référons à l'ensemble des personnes qui habitent le Québec. Quelle que soit leur origine ethnique ou leur langue maternelle. Quelle que soit leur religion ou la place de leur naissance. Il n'en a pas toujours été ainsi. Pendant longtemps, le « nous » désignait tous ceux qui, au Canada et même aux États-Unis, étaient originaires du Québec ou de l'Acadie, parlaient français et étaient catholiques. Nous faisions partie de la nation canadienne-française (on disait alors la « race »), un des deux peuples fondateurs du Canada. C'est surtout depuis la Révolution tranquille que le concept d'une nation québécoise s'est affirmé et, peu à peu, a remplacé celui de la nation canadienne-française. Cette évolution a suivi son cours et est maintenant terminée. C'est une réalité sociologique de grande importance. Cette notion d'identité collective québécoise est non seulement fondamentale, mais elle est également libératrice. En raison de son caractère ethnique et pan-canadien, l'ancien « nous » s'est révélé un boulet rendant illusoire toute perspective de développement national, comme l'a démontré avec brio Gérard Bouchard dans son dernier ouvrage La pensée impuissante. Tandis que le nouveau « nous », relié au seul territoire québécois mais inclusif de tous ses habitants, permet de penser l'avenir national de façon réaliste, que ce soit dans un « Canada uni » ou dans un Québec souverain. En un sens, le Québec revient à ce qu'il était avant l'Acte d'Union de 1840 et se libère enfin des conséquences du Rapport Durham qui avait voulu le faire disparaître en le fusionnant à l'Ontario. Il revient à ses origines et reprend avec une histoire dont il fêtera bientôt les 400 ans. Le nouveau « nous » est bien différent de l'ancien. Il n'est plus exclusivement « pur laine » mais reconnaît l'apport important de la minorité anglaise à l'édification de la personnalité québécoise. Il accepte l'existence en son sein de nations autochtones. Il apprécie la contribution des nombreuses communautés culturelles qui sont venues enrichir son patrimoine culturel. C'est un « nous » pluriel et moderne, ouvert au monde et à la diversité, résolument axé sur le savoir et le respect de l'environnement. La reconnaissance de la nation québécoise est, bien sûr, un geste essentiellement symbolique. Mais c'est précisément ce qui fait sa force et lui donne son importance. Car elle reconnaît officiellement l'identité collective que les Québécois se sont donnée pour penser leur devenir et assurer leur avenir. Et sur ce, je vous souhaite à tous une Année 2007 remplie de paix et de bonheur, en espérant que la nation québécoise saura profiter des élections qui s'en viennent pour accélérer sa marche vers sa pleine maturité politique.
Shalom-Charles Delmar, 63 ans, Terrebonne Merci beaucoup. Ça fait quelquetemps que je crois que c'est la position officielle au PQ. Maintenant il faudrait que ce devienne la position du coeur de tous les membres du parti et de tous les québécois québécois. Je crois que dans ce sens il y a encore beacoup d'éducation à faire et j'essaie d'en faire comme vous.... À plusieurs nous y arriverons et ce sera un pas de plus vers la réalisation de nos objectifs nationaux. Voilà pourquoi je vous remercie..... N. Martin, 32 ans, Trois-Rivières M. Bernard, Zach Gebello, 50 ans, St-Andre Avellin M. Bernard, , ans, Pour situer mon commentaire, je veux préciser que je suis une immigrante de longue date (35 ans), fort bien accueillie et parfaitement intégrée. Chez moi, c'est ici, sans hésitation, sans réserve et sans ambiguité. Je n'ai aucun compte à régler avec le passé. D'ailleurs, pendant les premières années, je ne comprenais pas les vieux litiges entre francophones et anglophones..... Avec le temps, j'ai senti et perçu par moi même le lent mais inexorable étouffement du Québec au sein d'un pays et d'un continent pour qui la réalité du Québec est au plus une curiosité, parfois un désordre et souvent une abstraction. Comment se soucier d'une abstraction ! Zach Gebello, 50 ans, St-Andre Avellin "Mais oui la Terre est ronde!" , ans, En lisant les divers courriels de commentaires à votre article, je ne peux m'empêcher de constater à quel point la désinformation (fédéraliste ou indépendantiste) pullule. Zach Gebello, 50 ans, St-Andre Avellin "Donc on revient à la notion qu'il y a plus d'une nation au Canada et que la nation québécoise est connectée au territoire qu'elle habite. Bien sûr, cette nation fait partie du Canada, ainsi ces habitants peuvent se définir par ce qu'ils sont: des Québécois de langue française ou anglaise, qui sont encore... Canadiens." Julien Bousquet Luc Bertrand, 45 ans, Pointe-aux-Trembles Bonjour monsieur Bernard! Je vous écris un an après l'élection dont il est question dans cet article. Ce n'est pas sans raison. |
![]() M. Drainville, visez juste ! Le Canada en état de profonde transformation Une solution honorable Le jour où le Canada s'est fractionné Décès de Maryse Melançon-Bernard Une quasi-gratuité à préserver La question nationale reste au coeur du débat politique Démocratie à la canadienne La mort subite L'illusion du changement |
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
![]() ![]() ![]() ![]() (archives) |
||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
, ans,
Date: 2006-12-27 à 13:03
Comme je me définis comme Canadien et Québécois, je n'ai pas à rechercher une hypothétique maturité politique. Je fais partie de deux nations et je n'y vois aucun problème, mais plutôt de grands avantages à plusieurs plans. Mais il est vrai que je ne suis pas de l'école du cartésianisme ou du nationalisme étatique. Chacun son école! Bonne année, M.Bernard.
Michel Lebel
Entrelacs, le 27 décembre 2007